Le Tarnier de Gor

C’est alors que je vis descendre l’engin. Un instant, il ressembla à une étoile filante, mais il devient tout à coup net et substantiel comme un disque d’argent large et épais. Il était silencieux et se posa sur la plate-forme rocheuse, dérangeant à peine la neige poudreuse qui était éparpillée dessus. Un vent léger soufflait dans les aiguilles de pin et je me levai. À ce moment, une porte s’ouvrit sans bruit dans le flanc de l’appareil, glissant vers le haut. Il fallait que j’entre. Les mots de mon père me revinrent en mémoire : « Ton destin est fixé. » (Le Tarnier de Gor, p. 19)… des chasseurs armés de lances et montés sur des espèces d’oiseaux attaquant un affreux animal qui me paraissait ressembler à un sanglier, à ceci près qu’il était trop grand, hors de proportion avec les chasseurs, Sa mâchoire comportait quatre défenses incurvées comme des cimeterres. (Le Tarnier de Gor, p. 21-22)

Au-dessus du bouclier pendait un casque, qui faisait, lui aussi, penser à un casque grec, peut-être de la période homérique. Une fente en Y avait été ménagée dans le métal quasi massif pour les yeux, le nez et la bouche. (Le Tarnier de Gor, p. 22)

En dehors des armes et de deux blocs de pierre, qui étaient peut-être des sièges, et aussi d’une natte sur un côté, la pièce était nue; (Le Tarnier de Gor, p. 22)

Je sautai sur la table avec presque autant d’aisance que si j’avais gravi une marche à la maison des étudiants. C’était différent, un mouvement différent. Une pesanteur moindre. Sûrement. Alors la planète était plus petite que notre Terre et, vu la dimension apparente du Soleil, probablement un peu plus rapprochée de lui. (Le Tarnier de Gor, p. 23)

J’appris par la suite que, sur ce monde étranger, un homme fort peut ressentir et exprimer des émotions, et que l’hypocrisie de la contrainte n’est pas honorée sur cette planète comme sur la mienne. (Le Tarnier de Gor, p. 25)

Par l’ouverture entrait une jeune femme, un peu moins âgée que moi, aux cheveux blonds attachés en arrière. Elle portait une tunique sans manches avec des rayures en diagonale, dont la courte jupe se terminait quelques centimètres au-dessus des genoux. Elle était pieds nus et, comme ses yeux rencontraient modestement les miens, je vis qu’ils étaient bleus et emplis de déférence. Mon regard capta tout à coup son unique bijou : une mince bande de métal semblable à de l’acier qu’elle portait en collier. (Le Tarnier de Gor, p. 26)

La viande me faisait penser à de la venaison; ce n’était en tout cas pas la chair d’un animal élevé uniquement pour la boucherie. Elle avait été rôtie sur un feu de braises. Le pain gardait encore la chaleur du four. Les fruits – des sortes de raisins et de pêches – étaient frais et aussi froids que la neige des montagnes. Après le repas, je goûtai la boisson qui pourrait assez justement être décrite comme un vin presque incandescent, brillant, sec et puissant. J’appris par la suite qu’on l’appelait Ka-la-na. (Le Tarnier de Gor, p. 27)

– Gor, dit-il, est le nom de ce monde. Dans toutes les langues de cette planète, le mot signifie Pierre du Foyer. (Il s’arrêta, en remarquant mon incompréhension.) Pierre de Foyer, répéta-t-il. Simplement cela.
 » Dans les villages paysans de ce monde, continua-t-il, chaque hutte était construite à l’origine autour d’une pierre plate qui était placée au centre de la demeure circulaire. Elle était sculptée du signe de la famille et appelée Pierre du Foyer. C’était, peut-on dire, un symbole de souveraineté ou de territoire, et chaque paysan était souverain de sa propre hutte. »
 » Par la suite, poursuivit mon père, les Pierres du Foyer furent utilisées pour les villages et, plus tard encore, pour les cités. La Pierre de Foyer du village était toujours placée dans le marché; celle de la ville sur le sommet de la plus haute tour. Avec le temps, la Pierre du Foyer en vint, naturellement, à s’entourer d’une mystique et il s’y intégra quelque chose des sentiments chaleureux et plaisants que nos peuples de la Terre ressentent à l’égard de leurs drapeaux. » (Le Tarnier de Gor, p. 27)

Sur Gor existe en effet un précepte dont l’origine se perd dans le passé de cette étrange planète, selon lequel celui qui parle des Pierres du Foyer doit être debout, car il s’agit d’une question d’honneur et l’honneur est respecté dans les codes barbares de Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 28)
– Ces pierres, expliqua mon père, sont variées, de couleurs, formes et dimensions diverses, et beaucoup s’ornent de sculptures compliquées. Certaines des villes les plus importantes ont de petites Pierres du Foyer assez insignifiantes mais d’une ancienneté incroyable, qui datent du temps où la cité n’était qu’un village ou seulement constituée d’une bande de guerriers montés, sans même un logis. (Le Tarnier de Gor, p. 28)

– Lorsqu’un homme installe sa Pierre du Foyer, il revendique de droit ce terrain pour lui-même. La bonne terre n’est protégée que par l’épée des propriétaires les plus forts du voisinage. (Le Tarnier de Gor, p. 28)

… Toutefois il existe une hiérarchie dans les Pierres du Foyer, si l’on peut dire, et deux soldats qui se larderaient mutuellement de coups d’épée pour un arpent de sol fertile combattront côte à côte jusqu’à la mort pour la Pierre du Foyer de leur village ou de la ville dans les limites de laquelle se trouve leur village. (Le Tarnier de Gor, p. 28)

 » Je te montrerai un jour, poursuivit-il, ma propre petite Pierre du Foyer que je garde dans mon logis. Elle contient une poignée de terre que j’ai apportée avec moi quand je suis venu dans ce monde-ci – il y a longtemps. (Il me regarda posément.) Je conserverai la poignée de terre que tu m’as apportée, dit-il d’une voix très basse, et, un jour, elle sera à toi… » (Le Tarnier de Gor, p. 29)

– C’est parfois le rêve d’un conquérant ou d’un homme d’État de n’avoir qu’une seule Pierre du foyer souveraine pour la planète. (Puis, au bout d’un long moment, sans me regarder, il ajouta : ) Le bruit
court qu’une telle Pierre existe, mais elle repose dans le Lieu Sacré et elle est la source du pouvoir des Prêtres-Rois. (Le Tarnier de Gor, p. 29)

Dans le fil de ses propos, mon père appelait souvent la planète Gor l’Antichton – l’Anti-Terre -, nom qu’il empruntait aux écrits des Pythagoriciens, lesquels ont été les premiers à spéculer sur l’existence d’un tel corps céleste. (Le Tarnier de Gor, p. 29)

Chose curieuse, l’un des termes de la langue de Gor, pour désigner notre soleil était Lar-Torvis, ce qui signifie  » le Feu Central « , autre expression pythagoricienne, à ceci près qu’elle n’a pas été utilisée à l’origine par les Pythagoriciens pour le Soleil, si j’ai bien compris, mais pour un autre corps céleste. Le terme le plus courant pour le Soleil était Tor-tu-Gor, ce qui signifie  » Lumière sur la Pierre du Foyer « . Il y avait parmi les populations de Gor, une secte qui adorait le Soleil, je l’ai appris plus tard, mais elle était insignifiante, tant en nombre qu’en puissance, en comparaison du culte des Prêtres-Rois qui, quels qu’ils fussent jouissaient d’un statut divin. Leur privilège, semble-t-il, était d’être consacrés comme les plus anciens dieux de Gor et, en cas de danger, une prière aux Prêtres-Rois s’échappait de toutes les lèvres, même des plus braves. (Le Tarnier de Gor, p. 30)

– Les Prêtres-Rois, déclara mon père, sont immortels ou, en tout cas, la plupart des gens d’ici le croient.
– Le crois-tu, toi ? demandai-je.
– Je ne sais pas, répondit-il. Je pense que oui, peut-être.
– Quelle sorte d’hommes sont-ils ?
– On ne sait pas si ce sont vraiment des hommes, répliqua mon père.
– Alors, que sont-ils ?
– Peut-être des dieux.
– Tu plaisantes ?
– Non, affirma-t-il. Est-ce qu’une créature qui échappe à la mort, qui a une puissance et une sagesse immenses, ne mérite pas d’être appelée ainsi ?
Je restai silencieux
– Toutefois, mon idée est que les Prêtres-Rois sont en fait des hommes – des hommes sensiblement comme nous ou une sorte d’organismes humanoïdes – qui possèdent une science et une technologie qui dépassent nos connaissances, autant que celles de notre XXe siècle terrien dépassent celles des alchimistes et astrologues des universités médiévales. (Le Tarnier de Gor, p. 30-31)

– Les Prêtres-Rois, déclara mon père, résident au Lieu Sacré dans les Monts Sardar, une immensité sauvage où nul homme ne pénètre. Le Lieu Sacré, dans l’esprit de la plupart des gens d’ici, est tabou, périlleux. Il est certain que personne n’est jamais revenu de ces montagnes. (Le regard de mon père semblait lointain, comme s’il était fixé sur des spectacles qu’il aurait préféré oublier.) Des idéalistes et des rebelles ont été fracassés sur les escarpements glacés de ces montagnes. Si l’on veut y pénétrer, on doit aller à pied. Nos animaux ne veulent pas s’en approcher. Des groupes de proscrits et de fugitifs qui y ont cherché refuge ont été retrouvés en bas, dans les plaines, comme des lambeaux de chair lancés d’une incroyable distance aux becs et aux dents des nécrophages errants. (Le Tarnier de Gor, p. 31)

…. Mon hypothèse personnelle, qui me semble avoir autant – ou aussi peu – de chances d’être exacte que les superstitions les plus couramment admises, c’est qu’il est mortel d’apprendre le secret des Prêtres-Rois. (Le Tarnier de Gor, p. 32)

– Cependant, il y a au moins un domaine en ce monde, repris mon père, dans lequel les Prêtres-Rois prennent un intérêt des plus actifs. C’est la technologie. Ils limitent sélectivement la technologie dont nous pouvons disposer, nous les Hommes d’en Bas des Montagnes. Par exemple, si incroyable que cela paraisse, la technologie des armes est contrôlée à un point tel que les instruments de guerre les plus puissants sont les arbalètes et la lance. En outre, il n’y a aucun transport mécanique ni matériel de communications, ou appareil de détection comme le radar et le sonar, si répandus dans les forces militaires de ton monde.
 » Par contre, ajouta-t-il, tu apprendras qu’en matière d’éclairage, de logement, de techniques agricoles et de médecine, par exemple, les Mortels, ou Hommes d’en Bas des Montagnes, sont relativement avancés. (Il me regarda avec une forme d’amusement.)Tu te demandes pourquoi, malgré les Prêtres-Rois, il n’a pas été remédié aux nombreux et assez évidents manques de notre technologie. Il te vient à l’esprit qu’il doit bien exister en ce monde des cerveaux capables de mettre au point des choses telles que, disons, des fusils et des véhicules blindés..  »
– On doit sûrement en fabriquer, ai-je insisté.
– Tu as raison, reconnut-il amèrement. De temps à autre, on en fabrique, mais leurs propriétaires sont alors détruits. Ils s’enflamment subitement.
– Comme l’enveloppe de métal bleu ? (Le Tarnier de Gor, p. 33)

– Et l’engin qui m’a amené ici ? demandai-je alors. C’est bien un merveilleux exemple de votre technologie!
– Pas de notre technologie, mais de celle des Prêtres-Rois. Je ne pense pas que le disque ait été piloté par des Hommes d’en Bas des Montagnes.
– Par des Prêtres-Rois, alors ?
– À franchement parler, déclara mon père, je crois que l’appareil était télécommandé depuis les Monts Sardar, comme on dit que le sont tous les Voyages d’Acquisition.
– D’Acquisition ?
(Le Tarnier de Gor, p. 34)

Mon père me parla alors du monde sur lequel je me trouvais. Il dit que, d’après ce qu’il avait pu apprendre des Initiés – qui affirmaient être les intermédiaires des Prêtres-Rois auprès des hommes -, la planète Gor était à l’origine le satellite d’un soleil éloigné dans l’une des Galaxies Bleues, fantastiquement lointaines. Elle fut déplacée par la science des Prêtres-Rois plusieurs fois au cours de son histoire, à la recherche, encore et toujours, d’un nouvel astre. (Le Tarnier de Gor, p. 34)

Il y avait une autre possibilité que je mentionnai à mon père : peut-être la planète avait-elle toujours été dans notre Système sans n’être jamais découverte, si improbable que cela puisse être étant donné les milliers d’années d’étude des cieux par l’homme, depuis les créatures pataudes de Néanderthal jusqu’aux brillantes intelligences du Mont Wilson et de Palomar. À ma grande surprise, cette hypothèse absurde fut bien accueillie par mon père.
– C’est, dit-il avec animation, la théorie du Bouclier Solaire. (Il ajouta 🙂 C’est pourquoi je me plais à croire que cette planète est l’Antichton, non seulement à cause de sa ressemblance avec notre monde natal mais parce que, en fait, elle est placée comme contrepoids à la Terre. Elle a le même plan orbital et elle maintient son orbite de façon à toujours garder le Feu Central entre elle et sa planète-sœur, notre Terre, même si cela nécessite de temps à autre des corrections dans sa vitesse de révolution. (Le Tarnier de Gor, p. 35-36)

L’un des plus intéressants était le Traducteur, que l’on pouvait régler pour différentes langues. S’il existait une langue communément répandue sur Gor, à laquelle se rattachaient plusieurs dialectes ou patois, la sonorité de certaines parlers goréens ne ressemblait guère à ce que j’avais jamais entendu, du moins en tant que langages; ils ressemblaient plutôt à des cris d’oiseaux et aux grognements de certains animaux. Je savais qu’aucune gorge humaine n’était capable de produire de tels sons. Ces machines pouvaient être réglées pour divers langages, mais l’un des termes de la traduction symétrique – au moins sur les machines que j’ai pu observer – était toujours goréen. Lorsque je réglais l’appareil pour, disons, le langage A, et que je parlais goréen là-dedans, il émettait, après une fraction de seconde, une succession de sons qui était la traduction de mes phrases goréennes en langage A. D’autres part, une nouvelle succession de sons A était reçue par la machine et retransmise en goréen. (Le Tarnier de Gor, p. 44)

Ces machines traductrices sont une merveille de miniaturisation, chacune, à peu près de la dimension d’une machine à écrire portative, étant programmée pour quatre langues non goréennes. (Le Tarnier de Gor, p. 45)

– Il faut, avait dit Torm très terre-à-terre, que tu apprennes l’histoire et les légendes de Gor, sa géographie et son économie, ses structures sociales et ses coutumes telles que le système de castes et de clans, le droit d’installation de la Pierre du Foyer, les emplacements des sanctuaires, quand, en période de guerre, il est permis ou non de faire quartier, etc. (Le Tarnier de Gor, p. 45)

Dans ce monde, les questions religieuses ont tendance à être le domaine assez jalousement réservé à la Caste des Initiés, qui ne permettent guère aux membres des autres castes de participer à leurs sacrifices et à leurs cérémonies. On me donna à apprendre par cœur des prières aux Prêtres-Rois, mais elles étaient en vieux goréen, langue cultivée par les Initiés qui n’était pas d’un usage répandu sur la planète, et je ne suis jamais donné la peine de les retenir. (Le Tarnier de Gor, p. 46)

Les enseignements éthiques de Gor, qui n’ont rien à voir avec les prétentions et propositions des Initiés, ne sont guère plus que les Codes des Castes – des recueils de préceptes dont l’origine se perd dans la nuit des temps. Mon instruction porta particulièrement sur le Code de la Caste des Guerriers. (Le Tarnier de Gor, p. 46)

Le Code du Guerrier se caractérise, en gros, par une chevalerie rudimentaire et met l’accent sur la loyauté envers les Chefs de Troupe et la Pierre du Foyer. Il est rude, mais avec une certaine magnificence, un sens de l’honneur que je jugeais respectable. Il y avait pire que de vivre conformément à un tel code. (Le Tarnier de Gor, p. 46)

Mon instruction porta également sur les Doubles Connaissances – c’est-à-dire qu’on m’enseigna ce que les gens croient en général, puis on m’apprit ce que les Intellectuels sont censés savoir. Parfois, il y avait une surprenante contradiction entre les deux. Par exemple, la population dans son ensemble – les castes en dessous des Hautes Castes – était encouragée à croire que son monde était un large disque plat. Peut-être était-ce pour la décourager de l’explorer, ou pour développer chez elle l’habitude de se fier à des préjugés raisonnables; en quelques sorte, un moyen de contrôle social. (Le Tarnier de Gor, p. 47)

En revanche, on disait la vérité sur ces questions aux Hautes Castes, c’est-à-dire les Guerriers, les Constructeurs, les Scribes, les Initiés et les Médecins, peut-être parce qu’on pensait qu’ils risquaient de la découvrir par eux-mêmes après des observations telles que l’ombre de leur planète sur l’une ou l’autre des trois petites lunes de Gor pendant des éclipses, le phénomène qui consiste à apercevoir d’abord le haut d’objets lointains et le fait qu’on ne peut pas voir certaines étoiles à partir de certaines positions géographiques. Si la planète avait été plate, on aurait pu observer exactement les mêmes constellations de n’importe quel point de sa surface. (Le Tarnier de Gor, p. 47)

À mon avis, il existe une Troisième Connaissance, celle-là uniquement réservée aux Prêtres- Rois. (Le Tarnier de Gor, p. 47)

– La structure de caste, reprit patiemment mon père, un sourire au coin des lèvres, est relativement immobile mais non figée, et ne dépend pas seulement de la naissance. Par exemple, si un enfant montre, pendant sa scolarité, qu’il peut s’élever au-dessus de sa caste, comme on dit, il lui est permis de le faire. Mais, de même, si un enfant ne fait pas preuve de l’aptitude qu’on attend de sa caste, qu’elle soit, disons, celle des Médecins ou celle des Guerriers, il est déchu de cette caste. (Le Tarnier de Gor, p. 48)

– Dans une cité donnée, poursuivit mon père, les Hautes Castes élisent un Administrateur et un Conseil pour une durée déterminée. En temps de crise, on nomme un Chef de Guerre – ou Ubar – qui dirige sans contrôle et par décret jusqu’à ce que , selon son jugement, la crise soit passée.
– Son jugement ? répétai-je d’un ton sceptique.
– Normalement, la démission est donnée une fois la crise passée, reprit mon père. Cela fait partie du Code du Guerrier.
– Mais s’il ne se désiste pas de sa charge ? insistai-je.
J’en avais suffisamment appris sur Gor à ce moment pour savoir qu’on ne peut pas toujours compter sur l’observation des Codes de Caste.
– Ceux qui ne veulent pas renoncer à leur pouvoir, répliqua mon père, sont en général quittés par leurs hommes. Le Chef de Guerre est simplement abandonné, laissé seul dans son palais pour être empalé par les citoyens de la ville qu’il a essayé d’abuser. (Le Tarnier de Gor, p. 48-49)

Sur le plan économique, la base de la vie goréenne était le paysan libre, qui constituait peut-être la caste la plus basse mais sans aucun doute la plus fondamentale, et la principale ressource était une céréale jaune appelée Sa-Tarna, ou Fille-de-la-Vie. Détail assez intéressant, le mot pour la viande est Sa-Tassna qui signifie Mère-de-la-Vie. Soit dit en passant, quand quelqu’un parle de nourriture en général, il emploie toujours le terme Sa-Tassna. L’expression usitée pour le grain jaune semble être une expression secondaire dérivée. Cela paraît indiquer une économie de chasse sous-jacente, ou qui a précédé l’économie agricole. (Le Tarnier de Gor, p. 50)

Les Scribes sont, évidemment, les lettrés et les clercs de Gor; il y a des divisions et des grades à l’intérieur de la caste, allant des simples Copistes aux Savants de la Cité. (Le Tarnier de Gor, p. 51)

… Il n’y avait que trois statuts concevables pour une esprit goréen en dehors du système des castes : esclave, hors-la-loi et Prêtre-Roi. Un homme qui refusait d’exercer son métier ou essayait de changer de statut sans le consentement du Conseil des Hautes Castes, était, par définition, un hors-la-loi et, ce faisant, justiciable du supplice du pal. (Le Tarnier de Gor, p. 52)

La jeune femme que j’avais vue au début était une esclave, et ce que j’avais pris pour un ornement autour de son cou était un signe de servitude. Il y en avait un autre, une marque au fer rouge cachée par ses vêtements. Cette marque indiquait sa condition d’esclave alors que le premier permettait de connaître son maître. On pouvait changer de collier, mais pas de marque. (Le Tarnier de Gor, p. 53)

Une des premières leçons qu’on m’avait enseignées sur Gor, c’est qu’il est déplacé de s’inquiéter d’un esclave. (Le Tarnier de Gor, p. 53)

J’appris fortuitement par un Scribe – pas Torm – que les esclaves n’étaient pas autorisés à enseigner quelque chose à un homme libre, car cela le mettrait en position de débiteur à leur égard et les esclaves n’ont droit à rien. (Le Tarnier de Gor, p. 53)

…. J’en ai parlé un jour à mon père et il me répondit simplement qu’il y avait beaucoup de choses sur gor pires que l’esclavage en général et, en particulier, le sort d’un Esclave de Tour. (Le Tarnier de Gor, p. 53)

…. Tarl l’Aîné. c’était une espèce de géant blond comme un Viking, un garçon barbu avec un visage gai aux traits accusés et des yeux bleus féroces, qui déambulait à grands pas comme s’il possédait la terre sur laquelle il marchait. Tout son corps, son allure, son port de tête annonçaient le guerrier, l’homme qui connaît ses armes et qui, sur le monde simple de Gor, sait qu’il peut tuer à peu près n’importe quel adversaire. Si Tarl l’Aîné me laissa une impression dominante lors de cette première et terrifiante rencontre, c’est qu’il était orgueilleux, et à juste titre. J’en vins à bien connaître cet homme habile, puissant et fier. (Le Tarnier de Gor, p. 54)

– Et si tu es blessé au bras droit ? riposta Tarl l’Aîné. Que feras-tu alors ?
– Il s’enfuira, suggéra Torm qui assistait de temps à autre à ces séances d’entraînement.
Non ! s’écria Tarl l’Aîné. Tu dois te laisser massacrer sur place comme un Guerrier! (Le Tarnier de Gor, p. 54)

Vers la fin de mon entraînement, je luttais toujours avec casque et bouclier. J’aurais cru qu’une armure, ou peut-être une simple cotte de mailles, aurait été un complément souhaitable à l’équipement du guerrier goréen, mais elles avaient été interdites par les Prêtres-Rois. Une explication plausible serait que les Prêtres-Rois souhaiteraient peut-être utiliser la guerre comme processus de sélection biologique, où le plus faible et le plus lent périssent sans se reproduire. Cela justifierait les armes relativement primitives permises aux Hommes d’en Bas des Montagnes. (Le Tarnier de Gor, p. 56)

Outre la lance et l’épée, l’arbalète et l’arc de guerre étaient autorisés, et ces armes contribuaient peut-être à redistribuer les probabilités de survie un peu plus largement que les premières. (Le Tarnier de Gor, p. 56)

… Il entra dans mon appartement, portant une tige de métal d’environ soixante cetimètres de long sur laquelle était fixée une boucle de cuir. Dans la poignée. Il y avait un commutateur qui pouvait être mis dans deux postions, marche et arrêt, comme sur une simple torche électrique. Il avait un objet semblable suspendu à sa ceinture.
– Ce n’est pas une arme, déclara-t-il. Il ne doit pas servir comme arme.
– Qu’est-ce-que c’est ? demandai-je.
Un aiguillon à tarn, répondit-il.
Il fit claquer le commutateur sur la position  » marche  » et frappa la table. Une pluie d’étincelles jaillit dans une soudaine cascade de lumière jaune mais ne laissa aucune trace sur le meuble. Il coupa le contact et me tendit l’aiguillon. comme j’avançais la main pour le prendre, il remit le contact et tapa sur ma paume. Il me sembla qu’un milliard de minuscules étoiles jaunes, comme des fragments d’aiguilles brûlantes, explosaient dans ma main. Le choc me fit crier. Je portai vivement la main à ma bouche. Cela m’avait produit l’effet d’une subite et violente décharge électrique ou de la morsure d’un serpents. J’examinai ma paume : elle était indemne. (Le Tarnier de Gor, p. 57-58)

Les Goréens estiment, si étrange que cela puisse paraître, que la capacité à maîtriser un tarn est innée et que certains possèdent cette caractéristique, d’autres non. On n’apprend pas à dompter un tarn. C’est affaire de tempérament et de caractère, de bête et d’homme, d’une relation entre deux êtres qui doit être immédiate, intuitive, spontanée. On dit que le tarn reconnaît celui qui est tarnier et celui qui ne l’est pas – et que ceux qui ne le sont pas meurent au cours de cette première rencontre… (Le Tarnier de Gor, p. 59)

Bien que le tarn, comme la plupart des oiseaux, soit étonnamment léger pour sa taille – ce qui vient avant tout de ce que ses os sont relativement creux -, c’est un oiseau extrêmement puissant, et ce au-delà même de ce qu’on pourrai attendre d’un tel monstre. Alors que les grands oiseaux de la Terre, comme l’aigle, doivent, lorsqu’ils prennent leur essor depuis le sol, commencer par courir, le tarn – grâce à son incroyable musculature, aidée sans aucun doute par la pesanteur un peu plus faible de Gor – peut, d’un bond et d’un brusque battement de ses gigantesques ailes, s’élever dans les airs avec son cavalier. En goréen, on appelle parfois ces oiseaux les Frères du Vent. (Le Tarnier de Gor, p. 60)

La robe des tarns est variée et on les élève pour leur couleur aussi bien que pour leur force et leur intelligence. Les tarns noirs sont employés pour les expéditions de nuit, les tarns blancs pour les campagnes d’hiver et les splendides tarns multicolores sont élevés pour les guerrier qui veulent chevaucher en apparat, sans souci de camouflage. Cependant, le tarn le plus commun est d’un brun tirant sur le vert. Abstraction faite de la disproportion de la taille, l’oiseau terrien auquel le tarn ressemble le plus est le faucon, sauf qu’il a une crête assez proche de celle du geai. (Le Tarnier de Gor, p. 60)

Les tarns, qui sont des bêtes méchantes, sont rarement plus qu’à demi apprivoisés et, comme leurs petits homologues terriens les faucons, sont carnivores. On connaît le cas de tarns qui ont attaqué et dévoré leur cavalier. Ils ne craignent rien d’autre que l’aiguillon à tarn. Ils sont dressés à y réagir par des hommes de la Caste des Éleveurs de Tarns quand ils sont encore jeunes et qu’on peut les attacher avec des filins métalliques aux perches de dressage. Lorsqu’un jeune oiseau s’enfuit ou refuse d’obéir d’une façon quelconque, il est ramené jusqu’à la perche et battu avec l’aiguillon. Les oiseaux adultes portent des anneaux du même genre que ceux accrochés aux pattes des jeunes oiseaux pour renforcer le souvenir de l’entrave de fer et de l’aiguillon. Plus tard, bien entendu, les oiseaux adultes ne sont plus attachés, mais le conditionnement qui leur a été donné pendant leur jeunesse persiste habituellement, excepté lorsqu’ils sont anormalement énervés ou qu’ils n’ont pas pu obtenir de la nourriture. (Le Tarnier de Gor, p. 60-61)

Le tarn est une des deux montures les plus courantes des guerriers goréens; l’autre est le grand tharlarion, une variété de lézard de selle utilisé surtout dans les clans qui n’ont jamais apprivoisé les tarns. Dans la Cité des Cylindres, personne, à ma connaissance, n’entretenait de tharlarions, bien qu’ils fussent censés être très répandus sur Gor, en particulier dans les régions basses, les marais et les déserts. (Le Tarnier de Gor, p. 61)

Tarl l’Aîné était monté sur son tarn, escaladant les cinq barreaux de l’échelle-montoir de cuir qui pendait sur le côté gauche de la selle mais qui est relevée en vol. Il s’attacha sur sa selle avec une large courroie pourpre. Il me lança un petit objet qui faillit tomber de mes mains tremblantes. C’était un sifflet à tarn, à note unique, qui appellerait un tarn, un seul : la monture qui m’était destinée. Jamais depuis la panique provoquée par l’affolement de la boussole, là-bas, dans les montagnes du New Hampshire, je n’avais été aussi effrayé mais, cette fois, je refusai de laisser ma peur atteindre le point fatal où elle me dominerait. Si je devais mourir, je mourrais; si je ne devais pas mourir, je ne mourrais pas. (Le Tarnier de Gor, p. 61)

En dépit de ma peur, je souris intérieurement, amusé de la remarque que je m’étais faite. Elle sonnait comme une maxime du Code du Guerrier, une maxime qui – prise à la lettre – paraît encourager celui qui y croit à ne pas prendre la plus légère ou la plus raisonnable précaution pour sa sécurité. Je donnai un coup de sifflet; la note en était aiguë et différente, d’une hauteur autre que celui de Tarl l’Aîné. (Le Tarnier de Gor, p. 61)

Presque immédiatement, de je ne sais où, peut-être d’une corniche hors de vue, s’éleva quelque chose de fantastique, un autre tarn, géant, plus gigantesque même que le premier; un brillant tarn noir qui décrivit un cercle autour du cylindre, puis obliqua vers moi et atterrit à moins d’un mètre, ses serres frappant le toit avec un bruit de gantelets qu’on jette à terre. Les serres étaient ferrées d’acier : c’était un tarn de guerre. Il leva son bec recourbé vers le ciel et cria, le levant et en secouant ses ailes. Sa tête énorme se tourna vers moi et ses yeux ronds méchants étincelèrent dans ma direction. La seconde d’après, son bec était ouvert; j’entrevis sa langue mince et pointue, longue comme un gras d’homme, qui se dardait et se rétractait, puis il se précipita sur moi pour me happer avec ce bec monstrueux, et j’entendis Tarl l’Aîné crier d’une voix horrifiée :
– L’aiguillon! L’aiguillon! (Le Tarnier de Gor, p. 61-62)

Je levai le bras droit pour me protéger et l’aiguillon attaché à mon poignet par sa courroie battit l’air. Je le saisis et, m’en servant comme si c’était un bâton, frappai le bec ouvert qui tentait de m’attraper comme si j’étais un morceau de nourriture sur la haute assiette plate du toit du cylindre. Il s’élança à deux reprises et je le frappai deux fois. Il recula de nouveau la tête et rouvrit le bec, se préparant à m’attaquer encore. À cet instant, je poussai le commutateur de l’aiguillon sur la position  » marche  » et, quand le grand bec fondit sur moi, je le frappai avec violence pour essayer de le faire s’écarter.
L’effet fut saisissant : il y eut le subit éclair de lumière jaune scintillante, la gerbe d’étincelles et un cri de douleur et de rage du tarn qui battit aussitôt des ailes et s’éleva hors de ma portée dans un déplacement d’air qui manqua me projeter par-dessus le bord du toit. J’étais à quatre pattes, essayant de me relever, trop près du bord. Le tarn tournait autour du cylindre, en poussant des cris perçants; puis il commença à s’éloigner de la cité. (Le Tarnier de Gor, p. 63)

Le tarn est guidé au moyen d’une courroie de gorge à laquelle sont fixées généralement six bandes de cuir, ou rênes, passées dans un anneau de métal sur l’avant de la selle. Les rênes sont de différentes couleurs, mais on les distingue d’après leur place sur l’anneau et non par leur couleur. Chaque rêne s’attache à un petit anneau sur la courroie de gorge et les anneaux sont disposées à intervalles réguliers. En conséquence, le mécanisme est simple. On tire sur la bande ou rêne qui est fixée à l’anneau se rapprochant le plus de la direction où l’on veut aller. Par exemple, pour atterrir ou perdre de l’altitude, on utilise la rêne quatre, qui exerce une pression sur l’anneau quatre placé sous le cou du tarn. Pour prendre un essor ou de l’altitude, on tire sur la rêne un qui exerce une pression sur l’anneau situé sur le dos du cou du tarn. Les anneaux de la courroie de gorge, correspondant à l’emplacement des rênes dans l’anneau central de la selle, sont numérotés dans le sens des aiguilles d’une montre.
L’aiguillon peut parfois être aussi utilisé pour guider l’oiseau. On frappe celui-ci dans la direction opposée à celle où l’on veut aller et l’oiseau, reculant devant l’aiguillon, va dans cette direction. Cependant cette méthode n’offre guère de précision, car les réactions de l’oiseau sont purement instinctives et il ne s’éloigne pas toujours dans l’exacte tangente désirée. De plus, abuser de l’aiguillon a ses dangers. Il tend à devenir moins efficace si l’on s’en sert souvent, et le cavalier est alors à la merci du tarn. (Le Tarnier de Gor, p. 64-65)

Je tirai sur la rêne un et, plein de terreur et d’exaltation, je sentis la puissance des ailes gigantesques battant l’air invisible. Mon corps oscillait follement, mais la ceinture de selle tenait bon. Pendant une minute, incapable de respirer, je me cramponnai – effrayé et exultant – à l’anneau de selle, la rêne numéro un enroulée autour de ma main. Le tarn continua à s’élever et je vis la Cité des Cylindres s’enfoncer au-dessous de moi, comme les pièces arrondies d’un jeu de construction posées dans les luisantes collines vertes. Je n’avais encore rien éprouvé de pareil et, si un homme s’est jamais senti semblable à un dieu, je pense que ce fut mon cas pendant ces premiers instants sauvages et exaltants. Je regardai vers le bas et aperçus Tarl l’Aîné sur son propre tarn, qui montait pour me rattraper. Quand il fut proche, il me cria quelques chose d’un ton joyeux, mais les mots restèrent indistincts dans le sifflement de l’air.
– Ho, petit ! criait-il. Cherches-tu à atteindre les lunes de Gor ? (Le Tarnier de Gor, p. 65)

Je relâchai les rênes, les laissant pendre de l’anneau de selle, ce qui est le signal pour un vol régulier en ligne droite : pas de pression sur l’anneau de gorge. Le grand tarn déploya brusquement ses ailes, captant l’air dessous, et commença à voler sans à coups droit devant lui, ses ailes battant lentement mais régulièrement à une vitesse de croisière qui nous mènerait bientôt loin des tours de la cité. Tarl l’Aîné, qui semblait content, se rapprocha. Il désigna la cité derrière nous, déjà éloignée de plusieurs kilomètres. (Le Tarnier de Gor, p. 66)

Le pasang est une mesure de longueur goréenne équivalant à onze cents mètres environ. (Le Tarnier de Gor, p. 67)

Ce tarn, reprit-il a été élevé pour toi, choisi spécialement dans les couvées des plus beaux de nos tarns de guerre. C’est en pensant à toi que les éleveurs ont travaillé, multipliant les croisements, les dressages, les améliorations. (Le Tarnier de Gor, p. 67)

– Sur le toit, commentai-je, j’ai bien cru qu’il allait me tuer. Les Éleveurs de Temps ne semblent pas dresser tellement bien leurs prodiges.
– Non, le dressage est parfait! protesta Tarl l’Aîné. Il ne faut pas briser l’âme du tarn, pas celle du tarn de guerre. Il est dressé de telle sorte que la décision de servir ou de tuer son maître dépend de la foce de celui-ci. Tu en viendras à connaître ton tarn et il en viendra à te connaître. Vous ne ferez qu’un dans le ciel, le tarn sera le corps, toi l’esprit et la volonté. Tu vivras avec le tarn en état de paix armée. Si tu deviens faible ou désemparé, il te tuera. Aussi longtemps que tu resteras fort, son maître, il te servira, te respectera, t’obéira. (Il fit une pause.) Nous n’étions pas sûrs de toi, ton père et moi mais, aujourd’hui, je suis convaincu. Tu as dompté un tarn, un tarn de guerre. Dans tes veines doit couler le sang de ton père, naguère Ubar, Chef de Guerre, à présent Administrateur de Ko-ro-ba, cette Cité des Cylindres.
(Le Tarnier de Gor, p. 68)

Je fus surpris, car c’était la première fois que j’entendais dire que mon père avait été Chef de Guerre de la Cité ou qu’il était en ce moment même son fonctionnaire civil suprême ou, aussi bien, que la Cité s’appelait Ko-ro-ba, expression devenue archaïque signifiant :  » marché de village « . (Le Tarnier de Gor, p. 68)

Les Goréens ont coutume de ne pas révéler facilement les noms. Pour eux, en particulier dans les Basses Castes, ils ont fréquemment un vrai nom et ce qu’on appelle le nom coutumier. Souvent, seuls les plus proches parents connaissent le vrai nom.
Au niveau de la Première Connaissance, il est dit que savoir le nom réel de quelqu’un donne un pouvoir sur cette personne, une possibilité d’utiliser son nom pour des envoûtements et d’insidieuses pratiques magiques. Peut-être subsiste-t-il quelque chose de ce genre sur notre Terre natale où l’usage du prénom d’une personne est réservé à ceux qui la connaissent intimement et sont présumés ne pas lui vouloir de mal. Le nom de famille, qui correspond au nom coutumier sur Gor, est un bien commun un son public qui n’est pas sacré et, par là même, n’a pas à être protégé. Bien entendu, au niveau de la Seconde Connaissance, les Hautres Castes, du moins en général, jugent à sa valeur la superstition sans fondement des Basses Castes et utilisent leurs propres noms relativement librement, enle faisant suivre la plupart du temps par le nom de leur ville. Ainsi, je dirais que je m’appelle Tarl Cabot de Ko-ro-ba ou, plus simplement, Tarl de Ko-ro-ba. Je précisai en passant que les Basses Castes croient communément que les noms des Hautes Castes sont en fait des noms coutumiers et que les Hautes Castes cachent leur vrai nom. (Le Tarnier de Gor, p. 68-69)

Le lendemain matin, je me réveillai, gelé et frissonnant, sur la natte-lit dans l’angle de mon appartement. C’était peu avant l’aube. Je coupai le courant dans la natte et repliai les pans faisant office de couverture. Elle était maintenant froide au toucher parce que j’avais réglé le thermostat horaire de manière à ce qu’elle soit refroidie une heure avant le jour. On n’aspire guère à rester dans un lit glacial. Je conclu que je détestais les appareils goréens visant à séparer les mortels de leur lit tout autant que les réveils ordinaires et les radio-réveils de mon propre monde. (Le Tarnier de Gor, p. 70)

Tarl l’Aîné et moi avions dû boire trop de ce breuvage fermenté préparé avec une habileté démoniaque à partir du grain jaune Sa-Tarna et appelé Pagar-Sa-Tarna, Plaisir de la Fille-de-la Vie, mais presque toujours abrégé en  » Paga « . (Le Tarnier de Gor, p. 71)

Je me rappelais, en particulier, une jeune au corps de panthère, sa chevelure noire en désordre sur des épaules brunes, les bracelets à ses chevilles, leur bruit dans l’alcôve fermée par des rideaux. (Le Tarnier de Gor, p. 71)

La Chambre du Conseil est la salle où les représentants élus par les Hautes Castes de Ko-ro-ba tiennent leurs séances. Chaque cité a une Chambre semblable. Elle se trouvait dans le plus vaste des cylindres et sa hauteur sous plafond était six fois celle d’un étage normal. Le plafond était éclairé comme par des étoiles et les murs étaient de cinq couleurs, disposées en bandes latérales, soit, en commençant par le bas, du blanc, du bleu, du jaune, du vert et du rouge, les couleurs des castes. Des bancs de pierre, sur lesquels étaient assis les membres du Conseil, s’étageaient le long des murs, une rangée pour chacune des Hautes Castes. Ces rangées étaient de la couleur de la section de mur derrière elles, la couleur de la caste.
Le gradin le plus proche du sol – preuve d’un certain statut préférentiel -, le blanc, était occupé par les Initiés, Interprètes de la Volonté des Prêtres-Rois. Dans l’ordre, les gradins ascendants – bleu, jaune, vert et rouge – étaient occupés par les représentants des Scribes, des Constructeurs, des Médecins et des Guerriers. (Le Tarnier de Gor, p. 72)

Je fus heureux de noter que ma propre caste, celle des Guerriers, jouissait du statut le moins élevé; si cela avait dépendu de moi, les Guerriers n’auraient même pas été une Haute Caste. Par ailleurs, je n’approuvais pas que les Initiés soient à la place d’honneur car il me semblait que c’étaient des membres improductifs de la société, plus encore que les Guerriers. Concernant ces derniers, on pouvait au moins soutenir qu’ils assuraient la protection de la Cité, mais que dire des Initiés, sinon peut-être qu’ils procuraient quelques palliatifs à des maux et calamités causés en grande partie par eux. (Le Tarnier de Gor, p. 71-72)

Au milieu de l’amphithéâtre se trouvait un siège de cérémonie et, sur ce trône, revêtu se son costume officiel – un simple vêtement marron, le plus humble tissu de l’assemblée -, était assis mon père, Administrateur de Ko-ro-ba, ancien Ubar, Chef de Guerre de la Cité. À ses pieds, il y avait un casque, un bouclier, une lance et une épée. (Le Tarnier de Gor, p. 73)

Tarl l’Aîné parla.
– Moi, Tarl, Soldat de Ko-ro-ba, donne ma parole que cet homme est prêt à devenir membre de la Haute Caste des Guerriers.
Mon père lui répondit, employant les formules rituelles.
– Aucune tour de Ko-ro-ba n’est plus solide que la parole de Tarl, ce Soldat de notre Cité. Moi, Matthew Cabot de Ko-ro-ba, j’accepte sa parole.
Puis, en commençant par le gradin le plus bas, chaque membre du Conseil parla à son tour, se nommant et déclarant que lui aussi acceptait la parole du soldat blond. Quand ils eurent fini, mon père me revêtit des armes placées devant le trône. À mon épaule, il suspendit l’épée d’acier, attacha sur mon bras gauche le bouclier rond, plaça la lance dans ma main droite et enfonça lentement le casque sur ma tête.
– Observeras-tu le Code des Guerriers ? demanda mon père.
– Oui, dis-je, j’observerai le Code.
– Quelle est ta Pierre du Foyer ? questionna-t-il.
Pressentant ce qu’on attendait, je répliquai :
– Ma Pierre du Foyer est la Pierre du Foyer de Ko-ro-ba.
– Est-ce à cette Cité que tu voues ta vie, ton honneur et ton épée ? demanda mon père.
– Oui! répondis-je.
– Alors, reprit-il en posant solennellement ses mains sur mes épaules, en vertu de mon pouvoir d’Administrateur de cette Cité et en présence du Conseil des Hautes Castes, je te déclare Guerrier de Ko-ro-ba!
Mon père souriait. J’ôtai mon casque, plein de fierté en entendant l’approbation du Conseil, traduite tant verbalement que par l’applaudissement goréen, le frappement rapide et répété sur l’épaule gauche avec la paume de la main droite.
À part les candidats au statut de Guerrier, personne de ma caste n’est autorisé à entrer armé au Conseil. S’ils avaient eu leurs armes, mes frères de caste du dernier gradin auraient fait résonner leur bouclier avec la pointe de bronze de leur lance. Cette fois-ci, ils se frappèrent sur l’épaule à la manière des civils, mettant peut-être un peu plus d’exubérance qu’il n’était compatible avec le décorum de cette grave assemblée. En tout cas, j’eus l’impression qu’ils étaient sincèrement fiers de moi, quoique je ne sache pas pourquoi. Je n’avais vraiment rien fait pour justifier leur approbation. (Le Tarnier de Gor, p. 73-74)

J’enfourchai mon tarn, ce féroce et magnifique oiseau noir. Mon bouclier et ma lance étaient fixés à la selle par des courroies, mon épée accrochée en bandoulière à mon épaule, côté dos. De chaque côté de la selle pendait une arme de trait; à gauche une arbalète avec un carquois d’une douzaine de carreaux; à droite un arc et trente flèches. La sacoche contenait l’équipement léger emporté par les tarniers en missions – notamment des rations, une boussole, des cartes, des liens de fibres et des cordes d’arc de rechange. Attachée devant moi sur la selle, droguée la tête entièrement recouverte par un capuchon d’esclave bouclé sous son menton, se trouvai une jeune femme. C’était Sana, l’Esclave de Tour que j’avais vue le jour de mon arrivée sur Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 77)

Je remis le tarn en vol horizontal et tirai sur la rêne six. Réglant ma direction sur Ar. (Le Tarnier de Gor, p. 77)

Le pouvoir de Marlenus, en grande partie du moins, tenait à l’aura donnée par la victoire qui n’avait jamais cessé de le favoriser, agissant comme un charme magique sur ses soldats et la population de sa ville. Jamais vaincu au combat, Ubar des Ubars, il avait audacieusement refusé de renoncer à son titre après une guerre de vallées douze ans plus tôt et ses soldats avaient refusé de le quitter, refusé de l’abandonner au sort traditionnel des Ubars trop ambitieux. Les soldats et le Conseil de sa Cité s’étaient laissé prendre à ses flatteries, à ses promesses de fortune et de puissance pour Ar.
À la vérité, leur confiance semblait avoir été bien placée puisque maintenant Ar, au lieu d’être une cité isolée harcelée comme tant d’autres sur Gor, était une Cité centrale où étaient gardées les Pierres du Foyer d’une douzaine d’autres, jusque-là libres. Il y avait maintenant un Empire d’Ar, un État solide, arrogant, belliqueux, trop évidemment occupé à diviser ses ennemis et à étendre son hégémonie politique de cité à cité, à travers les plaines, collines et déserts de Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 78-79)

Un jour viendrait où Ko-ro-ba serait forcée d’affronter, avec une poignée de carniers seulement, les hommes de l’Empire d’Ar. Mon père, en tant qu’Administrateur de Ko-ro-ba, avait tenté de conclure une alliance contre Ar, mais les Cités Libres de Gor, dans leur orgueil et leur méfiance, leur volonté presque fanatique de protéger l’indépendance de leur destinée, refusèrent cette alliance. En fait, elles avaient, à la mode de Gor, chassé les envoyés de mon père de leur Chambre du Conseil avec les fouets normalement utilisés sur les esclaves, insulte à laquelle Ko-ro-ba aurait réagi à tout autre moment par une déclaration de guerre. Mais, comme le savait mon père, un conflit entre les Cités Libres aurait été une vraie folie, de nature à réjouir Marlenus au plus haut point. Mieux valait que Ko-ro-ba supportât l’indignité d’être considérée comme une cité de lâches. Mais si la Pierre du Foyer d’Ar, le symbole et l’essence de l’Empire, pouvait être enlevée d’Ar, le charme de Marlenus serait peut-être rompu. Il deviendrait un objet de risée, suspect à ses propres hommes, le Chef qui a perdu la Pierre du Foyer. Il aurait de la chance s’il n’était ps empalé publiquement. (Le Tarnier de Gor, p. 79)

Tarl l’Aîné m’avait dit que Thentis était une ville renommée pour ses hardes de tarns, située au cœur des montagnes d’où elle tirait son nom. (Le Tarnier de Gor, p. 80)

Je l’avais senti même quand mon père lui avait ordonné de se mettre debout et de m’offrir sa soumission, me reconnaissant comme son nouveau maître. Elle s’était levée, avait traversé la pièce, pieds nus sur le sol de pierre, et s’était agenouillée devant moi, baissant la tête et levant ses mains qu’elle tendit vers moi, les mains croisées. La signification rituelle du geste de soumission n’avait pas été perdue pour moi; ses poignets m’étaient offerts comme pour être liés. (Le Tarnier de Gor, p. 80)

La Pierre du Foyer d’Ar, de même qu0 la plupart des Pierres du Foyer dans les Cités des Cylindres, était simplement posée saur la plus haute tour, comme pour défier ouvertement les tarniers des cités rivales. (Le Tarnier de Gor, p. 83)

Toute tentative visant la Pierre du Foyer était considérée par les citoyens d’une ville comme le pire des sacrilèges et punissable de la pire des morts mais, paradoxalement, on estimait qu’il n’y avait pas de plus grand exploit que de dérober la Pierre du Foyer d’une autre cité et le guerrier qui y parvenait était acclamé, sa ville lui accordait les plus grands honneurs et on lui croyait acquise la faveur des Prêtres-Rois en personne. (Le Tarnier de Gor, p. 81)

La Pierre du Foyer d’une cité joue un rôle primordial dans diverses cérémonies. La prochaine devait être la Fête des Plantations de Sa-Tarna, la Fille-de-la-vie, célébrée au début de la saison de la croissance des plantes pour assurer une bonne récolte. C’est une fête complexe, observée par la plupart des cités goréennes avec des rites nombreux et compliqués. Les détails en sont fixés et exécutés principalement par les Initiés de chaque cité. Cependant, certaines parties des cérémonies sont souvent dévolues à des membres des Hautes Castes. (Le Tarnier de Gor, p. 81)

Dans Ar par exemple, un membre des Constructeurs se rend de très bonne heure sur le toit où se trouve la Pierre du Foyer et place le symbole primitif de son métier – une équerre en métal – devant la Pierre den priant les Prêtres-Rois pour qu’ils accordent la prospérité à sa caste pendant l’année qui vient; plus tard dans la journée, ce sera un Guerrier qui, de même, déposera ses armes devant la Pierre, suivit par d’autres représentants de chaque caste. Fait significatif, pendant que ces membres des Hautes Castes célèbrent leur partie du rite, les Gardiens de la Pierre du Foyer se retirent momentanément à l’intérieur du cylindre pour laisser, dit-on, le célébrant seul avec les Prêtres-Rois. (Le Tarnier de Gor, p. 81)

Enfin, point culminant de la Fête des Plantations d’Ar, et détail de la plus grande importance pour le plan du Conseil de Ko-ro-ba, un membre de la famille de l’Ubar monte la nuit sur le toit, à la lueur des trois lunes pleines avec lesquelles correspond la fête, pour jeter des grains sur la Pierre et verser des gouttes d’une boisson rouge ressemblant à du vin, faite avec les fruits de l’arbre Ka-la-na. Ce membre de la famille de l’Ubar prie ensuite les Prêtres-Rois d’accorder une abondante récolte, puis retourne à l’intérieur du cylindre, tandis que les Gardiens de la Pierre du Foyer reprennent leur veille. (Le Tarnier de Gor, p. 82)

D’après le plan du Conseil de Ko-ro-ba, juste au moment de l’offrande, à la vingtième heure goréenne (c’est-à-dire à minuit), je devais descendre sur le toit du plus haut cylindre d’Ar, tuer la fille de l’Ubar et emporter son corps et la Pierre du Foyer, abandonnant le premier dans la région marécageuse au nord d’Ar et rapportant l’autre à Ko-ro-ba. Sana, la jeune femme que j’avais devant moi sur la selle, revêtirait les lourdes tuniques et les voiles de la fille de l’Ubar et retournerait à sa place à l’intérieur du cylindre. Il faudrait probablement au moins quelques minutes pour que son identité soit découverte et, avant cela, elle prendrait le poison fourni par le Conseil. (Le Tarnier de Gor, p. 82)

– Les femmes sont rarement autorisées à monter sur le dos des temps, répondit-elle. dans des nacelles, parfois, mais pas comme un guerrier. (Le Tarnier de Gor, p. 84)
– Mon père et mes frères te récompenseront, promit-elle.
– Non, répliquai-je.
– Si tu le désires, l’honneur leur commande de t’accorder ma main sans payer le prix de la fiancée.
– La route pour Thentis sera longue, dis-je.
Elle répliqua avec fierté :
– Mon prix sera de cent tarns!
Je sifflai entre mes dents : mon ex-esclave coûterait maintenant un bon prix : je n’aurais pas pu l’acheter sur ma solde de Guerrier. (Le Tarnier de Gor, p. 85)

… Puis je me dis : cent tarns, vraiment! Quarante peut-être, parce qu’elle était belle. Pour une centaine de tarns, on pourrait avoir la fille d’un Administrateur; pour un millier peut-être même la fille de l’Ubar d’Ar! Mille tarns représenteraient une formidable augmentation de la force de cavalerie d’un Chef de Guerre goréen. (Le Tarnier de Gor, p. 86)

Je fis s’élever le tarn, agitant la main en signe d’adieu à la petite silhouette qui portait toujours la livrée rayée en diagonale des esclaves. (Le Tarnier de Gor, p. 86)

Comme je traversais le Vosk, ce puissant fleuve de quelque quarante pasangs de largeur qui s’élance le long des frontières d’Ar pour se jeter dans le golfe de Tamber, je compris que j’étais enfin à l’intérieur de l’Empire d’Ar. (Le Tarnier de Gor, p. 87)

Pendant le jour, je libérais mon tarn pour lui permettre de se nourrir comme il voulait. Ce sont des chasseurs diurnes et qiu ne mangent que ce qu’ils attrapent eux-mêmes, en générale une des rapides antilopes goréennes ou un taureau sauvage pris à la course et emporté dans les serres monstrueuses jusqu’à une hauteur où cette proie est mise en pièces et dévorée. Inutile de préciser que les tarns sont une menace pour tout ce qui vit et qui a l’infortune de tomber de leurs ailes – même des êtres humains. (Le Tarnier de Gor, p. 87)

… Au premier abord, même la campagne était déprimante, car les hommes d’Ar, pour des raisons stratégiques, avaient dévasté une zone de quelque deux ou trois cents pasangs sur leurs frontières, coupant les arbres fruitiers, comblant les puits et semant du sel dans les terrer fertiles. Ar, à des fins éminemment pratiques, s’était entourée d’un mur invisible, une région stérilisée, sinistre et presque infranchissable pour des gens à pied. (Le Tarnier de Gor, p. 88)

Je maintenais mon cap grâce au cadran lumineux de ma boussole goréenne, dont l’aiguille pointe toujours vers la chaîne des Monts Sardar, résidence des Prêtres-Rois. Parfois, je guidais mon tarn d’après les étoiles, les mêmes étoiles fixes qui j’avais vues au-dessus de ma tête, mais sous un autre angle, dans les montagnes du New Hampshire. (Le Tarnier de Gor, p. 88)

La Cité d’Ar devait compter plus de cent mille cylindres, resplendissant tous des illuminations de la Fête des Plantations. Je ne doutais pas qu’Ar fût la plus grande ville de tous les pays connus de Gor. C’était une belle et magnifique cité, une digne monture pour le joyau de l’Empire, cet imposant joyau qui s’était montré si tentant pour son Ubar, le triomphant Marlenus. (Le Tarnier de Gor, p. 91)

… Puis un guerrier sans casque, ivre, s’approcha et me contesta le perchoir, un tarnier déchaîné de rang inférieur qui cherchait la bagarre. Si j’avais cédé, cela aurait suscité aussitôt des soupçons car, sur Gor, la seule réaction honorable à un défi, c’est de le relever promptement.
– Que les Prêtres-Rois foudroient tes os! criai-je aussi joyeusement que je pus, en ajoutant pour faire bonne mesure : Et puisses-tu t’engraisser avec les excréments des tharlarions!
Ce dernier souhait, avec son allusion aux lézards exécrés qu’utilisaient comme monture de nombreux clans primitifs de Gor, sembla lui plaire.
– Que ton tarn perde ses plumes ! clama-t-il à pleine gorge en se tapant sur la cuisse et en faisant poser son tarn sur le perchoir. (Le Tarnier de Gor, p. 94)

Comme la plupart des boussoles de Gor, la mienne contenait un chronomètre; je pris la boussole, la retournai et pressai le bouton qui soulevait le fond du boîtier, laissant apparaître le cadran. La vingtième heure était écoulée depuis deux minutes! (Le Tarnier de Gor, p. 94)

… Approchant de moi, d’une démarche légère en dépit de son volume, avançant d’un pas dansant sur les fibres, survint une des Araignées des Marais de Gor. Je fixai le ciel bleu, voulant que ce soir la dernière image qu’il me reste du monde. Je frissonnai lorsque la bête s’arrêta près de moi. Je sentis le léger attouchement de ses pattes de devant, je sentis le déplacement exploratoire des poils sensitifs de ses appendices. Je la regardai et elle abaissa sur moi ses quatre paires d’yeux nacrés avec une expression interrogatrice, pensai-je. Alors, à ma grande stupéfaction, j’entendis un son reproduit mécaniquement demander :
– Qui es-tu ?
Je frémis, coyant que j’avais fini par perdre la raison. Au bout d’un instant, la voix répéta la question, légèrement plus fort, puis ajouta :
– Es-tu de la Cité d’Ar ?
– Non, répondis-je, jouant mon rôle dans ce que je prenais pour une hallucination fantastique au cours de laquelle je conversais follement avec moi-même. Non, je n’en suis pas. Je suis de la Cité Libre de Ko-ro-ba.
Quand j’eus déclaré cela, le monstrueux insecte se pencha et j’aperçus les mandibules, semblables à des couteaux recourbés. Je me raidis dans la perspective d’une brusque morsure latérale de ces mâchoires pareilles à des tenailles. Au lieu de cela, de la salive – ou une sécrétion du mêm genre – fut répandue sur la toile dans mon voisinage, ce qui annula son pouvoir adhésif. Une fois libéré, je fus soulevé délicatement dans les mandibules et porté au bout de la toile, où l’araignée saisit une fibre pendante, descendit et me déposa sur le sol. Elle s’éloigna alors de moi sur ses huit pattes, mais sans me quitter un seconde du regard nacré de ses yeux multiples.
J’entendis de nouveau le son mécanique. Il disait :
– Mon nom est Nar et je suis du Peuple des Araignées. (Le Tarnier de Gor, p. 98-99)

…. Je ne te ferai pas de mal. Le Peuple des Araignées ne fait pas de mal aux créatures douées de raison. (Le Tarnier de Gor, p. 100)

Cela me fait plaisir, commenta l’insecte, car les hommes d’Ar ne se conduisent pas bien avec le Peuple des Araignées. Ils nous font la chasse et ne laissent de vivants parmi les nôtres que le nombre suffisant pour filer la Fibre Cur-lon utilisée dans le filatures d’Ar. S’ils n’étaient pas des créatures douées de raison, nous les combattrions. (Le Tarnier de Gor, p. 100)

– Il y a un tharlarion carnivore, un tharlarion sauvage, dans le voisinage, dit Nar. Cramponne-toi! (Le Tarnier de Gor, p. 101)

…. que la tête redoutable d’un tharlarion sauvage pointa à travers les roseaux, ses yeux ronds et luissants brillant d’excitation; le vaste arc de sa gueule s’ouvrit. Presque trop rapide pour être visible, une espèce de longue lanière brune, sa langue, jaillit de gueule et s’enroula autour de la petite silhouette désemparée de la jeune fille. (Le Tarnier de Gor, p. 102)

… Comme les lézards d’eau s’étaient gavés, la carcasse allégée avait roulé dans l’eau et changé de position. À présent, au bout de quelques minutes seulement, le squelette était visible, nettoyé presque complètement, les os luisant sauf là où de petits lézards grouillaient encore, en quête d’une dernière parcelle de chair. (Le Tarnier de Gor, p. 104)

Son Costume de Dissimulation était éclaboussé de vase et d’eau du marais et, en plusieurs endroits, le lourd brocart s’était raidi et avait craqué. Les couleurs dominantes de son Costume de Dissimulation étaient de subtils rouges, jaunes et violets, disposés en plis compliqués qui se chevauchaient. Je devinais qu’il avait fallu des heures à ses esclaves pour la revêtir de ces tuniques. De nombreuses jeunes femmes libres de Gor, et presque toujours celles des Hautes Castes, portent des Costumes de Dissimulation quoique, bien sûr, leur tenue soit rarement aussi compliquée et splendidement ouvragée que celle de la fille de l’Ubar.
Les Costumes de Dissimulation remplissent la même fonction que les vêtements des musulmanes sur notre propre planète, mais ils sont indubitablement plus compliqués et plus encombrants. Normalement, les seuls hommes qui peuvent regarder une femme dévoilée sont le père et le mari. (Le Tarnier de Gor, p. 105-106)

Dans le monde barbare de Gor, les Costumes de Dissimulation sont jugés nécessaires pour protéger les femmes des liens de fibres des tarniers pillards. Peu de guerriers risqueront leur vie pour capturer une femme qui est peut-être aussi laide qu’un tharlarion. Mieux vaut voler des esclaves, ce qui est un délit aisément à l’avance des charmes de la captive. (Le Tarnier de Gor, p. 106)

… Avec colère, elle joua des pieds et des mains pour remettre debout et, sautant et trébuchant, regagna le tertre. Je l’y rejoignis et examinai sa jambe. Une chaussure avec une énorme semelle compensée était sortie de son petit pied et pendait près de sa cheville, encore attachée par ses lacets. Elle avait au moins vingt-cinq centimètres de haut. Je ris. Voilà qui expliquait l’incroyable grandeur de la fille de l’Ubar. (Le Tarnier de Gor, p. 111)

– Pas étonnant que tu puisses à peine marcher, commentai-je. Pourquoi portes-tu ces chaussures stupides?
La fille d’un Ubar doit regarder ses sujets de haut, fut la simple, quoique extraordinaire, réponse. (Le Tarnier de Gor, p. 111)

Elle gardait les yeux baissés dans une attitude renfrognée, refusant de les lever pour rencontrer les miens. La fille d’un Ubar ne lève pas les yeux vers un homme. (Le Tarnier de Gor, p. 112)

Elle avait levé la tête, hors d’elle, et elle me regarda un instant dans les yeux puis, brusquement, rabaissa la tête, tremblant de rage.
– Me demandes-tu une faveur ? questionnai-je.
Sur Gor, cela équivaut à peu près à demander si la personne est désireuse de présenter une requête, ou plus simplement de dire :  » S’il te plaît.  » J’avais droit, me semblait-il, à cette minime marque d’égard. (Le Tarnier de Gor, p. 112)

Je ne la comprenais pas. Que croyait-elle que j’attendais ? Alors, à ma grande stupéfaction, la fille de l’Ubar Marlenus, fille de l’Ubar d’Ar, s’agenouilla devant moi, simple Guerrier de Ko-ro-ba, et baissa la tête en levant et tendant les bras, les poignets croisés. C’était la même formalité qu’avait accomplie devant moi Sana dans la chambre de mon père, là-bas à Ko-ro-ba, la soumission de la femme captive. Sans lever les yeux de terre, la fille de l’Ubar proféra d’une voix claire, nette :
– Je fais ma soumission.
Par la suite, j’ai regretté de n’avoir pas eu des liens de fibres pour attacher ses poignets si innoncemment offerts. Pendant un instant, je restai sans voix, mais alors, me remémorant que la rude coutume goréenne exigeait soit que j’accepte la soumission, soit que je tue la captive, je pris ses poignets dans mes mains et dis :
– J’accepte ta soumission. (Le Tarnier de Gor, p. 113)

À ce moment, je détestai les Initiés d’Ar qui n’étaient, comme d’autres membres de leur caste sur Gor, que trop avides de s’emparer de quelque parcelle de pouvoir politique auquel ils sont censés avoir renoncé quand ils ont choisi de porter les tuniques blanches de leur état. (Le Tarnier de Gor, p. 125)

– Es-tu de Gor ou non ? Je n’ai jamais vu mon père en dehors des jours de fêtes publiques. Les filles des Hautes Castes d’Ar sont élevées dans les Jardins Clos, comme des fleurs, jusqu’à ce qu’un prétendant de haute naissance, de préférence un Ubar ou un Administrateur, paie le prix de la fiancée fixé par leur père.
– Tu veux dire que tu ne connais pas ton père ?
– Est-ce différent dans ta Cité, Guerrier ?
– Oui, répondis-je, me rappelant qu’à Ko-ro-ba, si primitive qu’elle fût, la famille était respectée et son unité maintenue. (Le Tarnier de Gor, p. 129-130)

– Les femmes des Jardins Clos savent tout ce qui se passe sur Gor, répliqua-t-elle, et je pressentis les intrigues, l’espionnage et la traîtrise qui devaient fermenter dans les jardins. J’ai forcé mes esclaves à coucher avec des soldats, avec des marchands et des constructeurs, des médecins et des scribes, reprit-elle, et j’ai ainsi découvert beaucoup de choses.

Je fus effaré par cette froide exploitation calculée de ses femmes par la fille de l’Ubar, simplement pour avoir des informations.
– Et si tes esclaves avaient refusé de faire cela pour toi ?
– Je les aurais fouettées, rétorqua froidement la fille de l’Ubar. (Le Tarnier de Gor, p. 131)

…. À ce propos, il est intéressant de noter que, dans le langage goréen, le mot pour  » étranger  » est le même que pour  » ennemi « . (Le Tarnier de Gor, p. 135)

Les femmes libres de Gor ne voyagent pas accompagnées d’un unique guerrier – pas de leur propre volonté. (Le Tarnier de Gor, p. 137)

Dans l’après-midi, nous repartîmes, cette fois en nous risquant à utiliser une des larges routes pavées qui partent d’Ar, chaussée construites comme des remparts dans la terre, avec de solides pierres soigneusement assemblées, faites pour durer un millier d’années. (Le Tarnier de Gor, p. 138)

Sur Gor, comme dans mon Angleterre natale, on reste à gauche de la route. Cette habitude, comme naguère en Angleterre, est plus qu’une simple question de convention; quand on est du côté gauche de la route, le bras qui tient l’épée se trouve face à l’étranger qu’on croise. (Le Tarnier de Gor, p. 138)

Une fois pourtant, Talena me tira vers le bas-côté et, à peine capables de cacher notre horreur, nous avont regardé une victime de l’incurable mal Dar-Kosis, courbée dans ses voiles jaunes, passer en traînant la jambe; l’homme faisait claquer à intervalles réguliers ce mécanisme de bois qui avertit tous ceux à portée d’ouïe de s’écarter de son chemin.  » Un affligé « , dit gravement Talena, employant l’expression courante sur Gor pour les infortunés ainsi frappés. Le nom de la maladie elle-même, Dar-Kosis, n’est presque jamais prononcé. J’eus une vision rapide du visage sous le capuchon et fus pris de nausées. Son unique œil larmoyant nous regarda sans expression durant un bref instant, puis l’homme s’éloigna. (Le Tarnier de Gor, p. 138-139)

…. Il montait l’espèce de tharlarion appelée haut tharlarion, qui court sur les pattes postérieures par grand bonds. Sa gueule caverneuse était garnie de longues dents luisantes. Ses deux petites pattes antérieures, ridiculement disproportionnées, pendillaient de façon absurde devant son corps. (Le Tarnier de Gor, p. 141)

– Non, admit le guerrier. Je suis Kazrak de Port Kar, au service e Mintar, de la Caste des Marchands.
Je n’avais pas besoin de poser de questions sur Port Kar. C’est une cité du delta du Vosk, sur le Golfe de Tamber, et autant dire un repaire de pirates. (Le Tarnier de Gor, p. 141)

– Les nécrophages viennent festoyer sur les corps des tarniers blessés !
C’est un proverbe goréen qui paraissait singulièrement déplacé venant d’une captive encapuchonnée. (Le Tarnier de Gor, p. 142)

– Tu connais le Code, répliquai-je calmement. Si tu la veux, tu dois me défier pour elle et me rencontrer avec l’arme de mon choix. (Le Tarnier de Gor, p. 143)

À un moment donné, je rompis en désignant le sol avec mon épée, geste symbolique signifiant qu’on est prêt à accorder quartier si l’autre le désire. (Le Tarnier de Gor, p. 144)

La remarque de Kazrak était conforme aux étranges Codes des Guerriers de Gor, lois qui lui étaient aussi naturelles que l’air qu’il respirait et que moi-même, dans la Chambre du Conseil de Ko-ro-ba, j’avais juré d’observer. Celui qui a versé votre sang, ou dont vous avez répandu le sang, devient votre frère d’armes, sauf si vous répudiez formellement le sang sur vos armes. Ainsi le veut la fraternité des Guerriers goréens qui ne fait pas entrer en ligne de compte la Cité à laquelle ils doivent allégeance. c’est une question de Caste, une manière d’exprimer son respect pour ceux qui partagent le même statut et la même profession, et qui n’a rien à voir avec les Cités ou les Pierres du foyer. (Le Tarnier de Gor, p. 147)

– Je suis Marchand, reprit Mintar, et, selon mon code, je dois veiller à être payé. (Le Tarnier de Gor, p. 149)

Au cours de ces journées, j’appris à me familiariser avec les grands tharlarions, dont l’un m’avait été assigné par le Maître des Tharlarions de la caravane. Ces gignatesques lézards étaient déjà élevés sur Gor un millier de génération avant que soit apprivoisé le premier tarn, et ils étaient dressés à porter des guerriers dès la sortie de leur œuf, dont la coquille était pareille à du cuir. Ils réagissaient à la voix, leur minuscule cerveau conditionné pendant les années de dressage. Néanmoins, il est parfois nécessaire, pour faire bien comprendre sa volonté à ces monstres, de les frapper avec le bout de la lance près de l’œil ou des orifices des oreilles, car il y a peu d’autres zones sensibles dans leur peau écailleuse.
Les grands tharlarions, au contraire de leurs frères de trait les gros tharlarions qui se déplacent sur leur quatre pattes, sont carnivores. Cependant, leur métabolisme est plus lent que celui d’un tarn, dont l’esprit semble toujours préoccupé par la nourriture et qui, quand il y en a suffisamment, va jusqu’à absorber la moitié de son propre poids en une seule journée. De plus, ils ont besoin de beaucoup moins d’eau que les tarns.
Pour moi, la caractéristique la plus étonnante des tharlarions dressés et ce en quoi ils diffèrent le plus nettement des tharlarions sauvages et des lézards de ma planète natale, c’est leur endurance, leur capacité d’efforts soutenus. Quand le grand tharlarion se déplace lentement, son allure peut être décrite comme un mouvement fier et majestueux, chaque grand pied unguifère frappant la terre selon un rythme mesuré. Cependant, quand il est sollicité d’aller vite, le grand tharlarion bondit, il fait de grands sauts qui le portent à vingt pas d’un seul élan.
La selle du tharlarion, à la différence de la selle du tarn, est construite pour absorber les chocs. On y parvient essentiellement en fabriquant l’arçon de façon à monter le siège de cuir sur un dispositif hydraulique qui flotte littéralement dans un épais lubrifiant. Non seulement ce lubrifiant absorbe une grand partie du choc mais- sauf dans le cas d’effort anormal – il tend à maintenir la selle parallèle au sol. En dépit de cette invention, les guerriers montés portent toujours, comme partie indispensable de leur équipement, une épaisse ceinture de cuir étroitement bouclée autour de leur abdomen. En outre, le guerrier monté a immanquablement une paire de hautes bottes souples appelées bottes à tharlarion. Elles isolent leurs jambes de la peau abrasive de leur monture. Lorsqu’un tharlarion court, sa peau est capable d’arracher des os la chair non protégée de son cavalier. (Le Tarnier de Gor, p. 153-154-155)

Comme il l’avait promis, Kazrak me versa le solde de son prix de louage, une très respectable somme de quatre-vingts tarnets. (Le Tarnier de Gor, p. 155)

Elle portait la livrée d’esclave à raies diagonales de Gor comme un Sana, ce vêtement simple sans manches à courte jupe. (Le Tarnier de Gor, p. 156)

Les drapeaux d’une centaine de cités flottaient au-dessus des tentes et, sur le fond du grondement régulier du fleuve, nous parvenaient les sons des grands tambours à tarns, ces énormes tambours dont les battements dirigent les formations militaires complexes des cavaleries volantes de Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 161)

J’attrapai un de ces tarnets au vol et le mis dans mon escarcelle. (Le Tarnier de Gor, p. 163)

Talena se leva.
– Ce soir, dit-elle, buvons du vin !
C’est une expression goréenne, une maxime fataliste signifiant que les événements du lendemain sont entre les mains des Prêtres-Rois. (Le Tarnier de Gor, p. 164)

– Elle est belle, disait Talena de l’une d’elles tandis que le Chef de la Vente tirait l’unique boucle sur l’épaule droite de la livrée d’esclave, la laissant tomber sur les chevilles de la jeune femme. Pour une autre, elle renifla dédaigneusement. Elle parut contente quand ses amies furent achetées par de beaux tarniers et elle rit de plaisir quand une de celles qu’elle avait prises en grippe fut achetée par un odieux individu adipeux, de la Caste des Éleveurs de Tarns. (Le Tarnier de Gor, p. 165)

– À ma grande surprise, la plupart des jeunes femmes semblaient excitées par leur vente et déployaient leurs charmes avec une alacrité impudente, chacune paraissant rivaliser avec celle qui l’avait précédée pour obtenir un meilleur prix. Il est naturellement beaucoup plus désirable d’atteindre un prix élevé, ce qui garantit que le nouveau maître a de la fortune. Aussi les femmes faisaient-elles de leur mieux pour exciter l’intérêt des acheteurs. (Le Tarnier de Gor, p. 165)

Je méditais encore lorsque Talena sortit de derrière le rideau de soie. Je croyais qu’elle s’était couchée. Pas du tout. Elle se tenait devant moi, vêtue de la tenue de danse de Gor en soie diaphane écarlate. Elle s’était rougi les lèvres. La tête me tourna en respirant soudain la senteur capiteuse d’un parfum sauvage. Ses chevilles olivâtres portaient des bracelets de danse garnis de minuscules clochettes. Au pouce et à l’index de chaque main étaient attachées de très petites cymbales de doigt. Elle fléchit à peine les genoux et leva les bras dans un geste gracieux au-dessus de sa tête. Il y eut tout à coup un claquement vif de cymbalettes et, à la musique de la tente voisine, Talena, fille de l’Ubar d’Ar, se mit à danser pour moi.
Tout en évoluant avec lenteur devant moi, elle demanda à mi-voix :
– Est-ce que je te plais, Maître ?
Il n’y avait dans sa voix ni mépris ni ironie.
– Oui, affirmai-je, sans penser à protester contre le titre par lequel elle s’adressait à moi.
Elle s’arrêta pour une instant pour se diriger d’un pas léger vers le côté de la tente. Elle smebla hésiter un peu, puis ramassa vivement le fouet d’esclave et une chaîne. Elle les plaça avec autorité entre mes mains et s’agenouilla sur le tapis devant moi, les yeux illuminés d’une lueur étrange, les genoux non dans la position d’une Esclave de Tour mais dans celle de l’Esclave de Plaisir.
– Si tu veux, je te danserai la Danse du Fouet ou celle de la Chaîne.
Je lançai le fouet et chaîne vers la paroi de la tente.
– Non ! dis-je avec colère.
Je ne voulais pas que Talena danse ces cruelles danses de Gor, si humiliantes pour les femmes.
– Alors, je vais te montrer une danse d’amour, déclara-t-elle d’une voix joyeuse. Une danse que j’ai apprise dans les Jardins Clos d’Ar.
– Cela me fera plaisir, répliquai-je, et je regardai Talena exécuter la danse singulièrement belle de la passion que l’on danse dans Ar.
Elle dansa devant moi pendant plusieurs minutes, ses soieries écarlates flamboyaient dans la clarté du feu, ses pieds mus avec leurs clochettes aux chevilles frappaient doucement le tapis. Avec un dernier claquement des cymbalettes, elle se laissa tomber sur le tapis devant moi, le souffle bruyant et rapide, les yeux enflammés de désir. Je me retrouvai auprès d’elle et elle dans mes bras. Son cœur battait à se rompre contre ma poitrine. (Le Tarnier de Gor, p. 167-168)

… Les hommes de Pa-Kur battirent le sable d’un piétinement rythmé et firent résonner leur bouclier de la pointe de leur lance. (Le Tarnier de Gor, p. 172)

…. En fait, le Cadre d’Humiliation était une vengeance capable de donner, même à Talena, ample compensation pour les indignités dont elle avait souffert entre mes mains. Il n’y avait pas mieux pour effacer à jamais de son esprit le souvenir offensant qu’elle avait, à un moment donné, eu besoin de mon aide et prétendu m’aimer.
Puis, comme c’est la coutume avant qu’un cadre soit abandonné aux flots du vosk, chaque homme de Pa-Kur cracha sur mon corps. En dernier lieu, Pa-Kur cracha dans sa paume et la mit sur ma poitrine. (Le Tarnier de Gor, p. 173)

… En fait, il y avait même peu de chances que ma dépouille arrive jusqu’au delta. Il était beaucoup plus probable qu’un des lézards d’eau du Vosk, ou l’une des grandes tortues à bec du fleuve, saisirait mon cadavre et le tirerait sous l’eau avec le cadre pour le dévorer dans la vase du fond. Il y avait aussi la possibilité qu’un tarn sauvage fonde sur moi pour se nourrir de la friandise vivante attachée, impuissante, à ce cadre dégradant. (Le Tarnier de Gor, p. 174)

… Le tarn, un tarn brun avec une crête noire comme la plupart des tarns sauvages, fila comme l’éclair vers cette vague tache lointaine que je savais marquer les escarpements d’une montagne désertique. (Le Tarnier de Gor, p. 176)

Près d’une de ces bandes verdoyantes, j’aperçus ce que je pris d’abord pour une ombre mais, au passage du tarn, elle s’éparpilla en un troupeau de minuscules créatures qui s’enfuyaient, probablement les petits mammifère à trois doigts appelés qualae, couleur brun foncé, avec une crinière touffue de poils noirs et raides. (Le Tarnier de Gor, p. 177)

…. Je donnai une tape affectueuse à son bec comme si nous étions dans une tarnerie et je passi les mains dans les plumes de son cou – endroit où le tarn ne peut pas se nettoyer avec son bec -, comme le font les tarniers quand ils cherchent les parasites.
Je retirai quelques-uns de ces poux, de la grosseur d’une bille, qui infestent généralement les tarns sauvages, et les lui fourrai dans le bec en les lui plaquant contre la langue. Je renouvelai mon geste maintes fois et le tarn allongeait le cou. (Le Tarnier de Gor, p. 179)

… Elle contenait, comme je m’y attendais, la Pierre du Foyer d’Ar. Cette Pierre n’avait rien de remarquable, elle était petite, plate et de couleur brun mat. Sculptée dessus sommairement, se trouvait une seule lettre, en écriture archaïque goréenne, lettre unique qui, dans l’ancienne orthographe, devait être le nom de la Cité. À l’époque où la Pierre avait été sculptée, Ar était selon toute probabilité, un village quelconque parmi les dizaines vivotant dans les plaines de Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 180-181)

Aussi précisément que je pus le déterminer d’après la carte et le souvenir que j’avais gardé de l’emplacement du Vosk et de la direction dans laquelle j’avais été emporté, je me trouvais quelque part dans la Chaîne des Monts Voltaï, appelés parfois les Montagnes Rouges, au sud du fleuve et à l’est d’Ar. (Le Tarnier de Gor, p. 181)

Coincé dans les serres du tarn, il y avait le cadavre d’une antilope, une de ces antilopes jaunes à une seule corne appelée tabuks qui fréquentent les lumineux bosquets de Ka-la-na de Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 183)

… Dissimulés parmi les escarpements des Voltaï, invisibles sauf directement du dessus, j’aperçus quatre ou cinq petits feux de camp comme ceux qui signalent la présence d’une patrouille de montagne ou d’un petit groupe de chasseurs, peut-être en quête de la chèvre des montagnes goréennes agile et belliqueuse, le verr aux longs poils et aux cornes en spirale, ou, entreprise plus dangereuse, en quête du larl, un animal fauve ressemblant au léopard qui vit dans les Voltaï et plusieurs autres chaînes montagneuses de Gor, atteignant la hauteur incroyable de deux mètres dix au garrot et redouté pour ses descentes occasionnelles dans les plaines civilisées lorsque la faim l’aiguillonne. (Le Tarnier de Gor, p. 186)

… Quand le larl chasse seul, il le fait en silence, ne proférant jamais un son avant le rugissement soudain qui précède sa charge, rugissement calculé pour terrifier la proie et la figer en un instant d’immobilité fatale. (Le Tarnier de Gor, p. 187)

… j’aperçus un des larls trottant à pas sourds, le corps presque blanc dans la clarté lunaire. Il s’arrêta, leva sa grosse tête féroce, de soixante à quatre-vingt-dix centimètres de diamètre, et poussa à nouveau le cri de chasse. (Le Tarnier de Gor, p. 187)
… il se figea, la tête parfaitement immobile, ses sensibles oreilles pointues dressées et rigides. (Le Tarnier de Gor, p. 188)

…. Quelle qu’en soit la raison, le larl préférera toujours ruiner une chasse, même prometteuse d’une curée de plusieurs animaux, plutôt que de permettre à une seule bête de filer devant lui vers la liberté.
… Quoi qu’il en soit, quand le larl perd sa chasse, les animaux qui s’échappent sont ceux qui n’ont pas essayé de rompre le cercle, ceux qui se laissent rassembler facilement. (Le Tarnier de Gor, p. 188)
– La Sainte Maladie.
C’est la traduction littérale de Dar-Kosis, cette  » Sainte Maladie « , ou encore  » Affliction Sacrée « . La maladie est ainsi nommée parce qu’elle est considérée comme sainte par les Prêtres-Rois, et ceux qui en souffrent comme consacrés aux Prêtres-Rois. En conséquence, verser leur sang est tenu pour hérétique. D’autre part, les Affligés, ainsi qu’on les nomme, ont peu à craindre de leurs semblables. Leur maladie est tellement contagieuse, si invariablement destructrice dans ses effets et si redoutée sur la planète que même le plus hardi des hors-la-loi passe au large. Aussi les Affligés jouissent-ils d’une grande liberté de mouvement sur Gor. Bien entendu, on leur enjoint de se tenir à l’écart des habitations humaines et, s’ils en approchent de trop près, ils sont parfois lapidés. Chose curieuse, sur le plan de la casuistique, lapider les Affligés n’est pas considéré comme une violation de l’ordre présumé donné par les Prêtres-Rois de ne pas verser leur sang.
Par un geste de charité, les Initiés ont aménagé, en divers endroits, des Puits de Dar-Kosis où les Affligés peuvent s’enfermer volontairement et où ils sont nourris avec des aliments lancés depuis le dos de tarns en vol. une fois dans un de ces puits, les Affligés ne sont pas autorisés à en ressortir. Voir ce pauvre être dans les Voltaï, si loin des itinéraires normaux et des régions fertiles de Gor, me faisait soupçonner qu’il avait dû s’échapper, si c’était possible, d’un de ces puits. (Le Tarnier de Gor, p. 190-191)

– Quel est ton nom ? demandai-je.
Je suis un Affligé, répliqua la mystérieuse silhouette craintive. Les Affligés sont morts. Les morts n’ont pas de nom. (Le Tarnier de Gor, p. 191)

Devant moi, sur un trône sommaire de rochers entassés, était assis Marlenus, ses longs cheveux sur ses épaules, sa grande barbe arrivant presque à son ceinturon. C’était un homme gigantesque, plus grand même que Tarl l’Aîné, et, dans ses yeux verts farouches, je vis la flamme dominatrice qui, à sa façon, brûlait aussi dans les yeux de Talena, sa fille. (Le Tarnier de Gor, p. 195)

Autour du cou, il portait la chaîne d’or des Ubars, avec la réplique de la Pierre du Foyer d’Ar en médaillon. Dans ses mains, il tenait la Pierre elle-même, cette humble source de tant de luttes, de sang versé et d’honneur. (Le Tarnier de Gor, p. 196)

– Bravo, jeune Guerrier ! complimenta Marlenus. J’ai eu envie de voir si tu mourrais comme un esclave ! (Il s’adressa à ses hommes en me désignant.) Est-ce que ce Guerrier n’a pas gagné le droit à la mort par les tarns ?
….. Je fus traîné au-dehors et l’on attacha des liens de fibres à mes poignets et à mes chevilles. Les autres extrémités de ces liens furent alors fixées par de larges courroies de cuir à deux tarns, dont l’un était mon propre géant noir.
– Tu vas être écartelé, déclara Marlenus. Pas agréable non plus, mais mieux que l’empalement ! (Le Tarnier de Gor, p. 201)

La jeune femme, qui allait faire une course, n’était pas contente d’être retardée mais, sur Gor, il est imprudent pour les esclaves de ne pas répondre à la question d’un homme libre. Elle cracha dans sa main les pièces de monnaie qu’elle avait dans la bouche et m’apprit ce que je voulais savoir. Peu de vêtements goréèns sont déformés par des poches. Le tablier de travail des artisans est une exception. (Le Tarnier de Gor, p. 211)

… J’avais eu soin de vérifier que le corral dans lequel je sautais ne contenait pas de lézards de selle, les hauts tharlarions, ceux montés par Kazrak et ses lanciers. Les lézards de cette variété ont un caractère emporté en même temps qu’un régime de carnivore, et je n’avais aucune envie d’attirer l’attention sur moi en me frayant un chemin parmi eux à coups de hampe de lance.
Leurs congénères plus placides, les gros tharlarions, levèrent à peine leur museau des auges. Masqué par les lourds corps paisibles, certains aussi massifs qu’un autobus, je me faufilai vers la paroi intérieure du corral. (Le Tarnier de Gor, p. 210-211)

– Tu es le seul homme qui ait jamais échappé à la mort par les tarns, déclara-t-il avec une nuance d’émerveillement dans la voix. Peut-être ce qu’on raconte est-il vrai. Peut-être es-tu le Guerrier amené sur Gor chaque millier d’années – amené par les Prêtres-Rois pour changer le monde ? (Le Tarnier de Gor, p. 222)

….. Il y avait peu de risques que Pa-Kur soit aissez naïf en politique pour abuser de la jeune fille avant qu’elle l’ait publiquement accepté comme son Libre Compagnon suivant les rites d’Ar. Traitée en Esclave de Plaisir, sa valeur politique serait négligeable. D’autre part, l’idée qu’elle était dans les tentes de Pa-Kur me rendait furieux et je savais que je serais incapable de me retenir indéfiniment. ? (Le Tarnier de Gor, p. 225)

… Je teignis mes cheveux en noir et achetai un casque et un équipement d’Assassin. En travers de la tempe gauche du casque noir, je fixai la bande dorée du messager. ? (Le Tarnier de Gor, p. 226)

Le vingtième jour du siège, il y eut de grandes réjouissances dans le camp de Pa-Kur, car les fils antitarns avaient été coupés à un endroit et une escouade de lanciers avait atteint la citerne contenant les principales réserves d’eau pour le cas de siège et dans laquelle elle avait vidé ses barils de kanda, un poison mortel extrait d’un arbuste du désert de Gor. ? (Le Tarnier de Gor, p. 228)

…. Le malheur d’Ar, à ce moment le plus critique de son histoire, fut d’être entre les mains de la plus nulle des Castes, celle des Initiés, uniquement qualifiés en matière de rites, de mythologie et de superstition. ? (Le Tarnier de Gor, p. 239)

Le minuscule urt, un rongeur commun dans les cités goréennes, valait un tarnet d’argent sur les marchés. ? (Le Tarnier de Gor, p. 239)

… Agissant par surprise, encore que l’on aurait peut-être dû s’attendre à cette manœuvre, le Haut Initié de la Cité d’Ar se présenta sur les remparts. Cet homme prétendait être le Suprême Initié de tous les Initiés de Gor et tenir sa charge des Prêtres-Rois eux-mêmes. Inutile de dire que cette prétention n’était pas entérinée par les Hauts Initiés des Cités Libres de Gor, qui se considéraient comme souverains dans leur ville. (Le Tarnier de Gor, p. 239)

…. Le Suprême Initié, comme il se nommait lui-même, leva un bouclier puis le déposa au sol. Il leva ensuite une lance qu’il plaça, comme le bouclier, à ses pieds. Ce geste est une convention militaire employée par les Chefs de Gor pour demander des négociation ou une conférence. Il signifie une trêve, littéralement le dépôt temporaire des armes. En cas de reddition, par contre, les courroies du bouclier et la hampe de la lance sont brisées pour indiquer que le vaincu s’est désarmé lui-même et se met à la merci du conquérant. (Le Tarnier de Gor, p. 239-240)

Peu après, Pa-Kur se montra sur le premier rempart en face du Suprême Initié et exécuta les mêmes gestes. Ce soir-là, des émissaires furent échangés et, au moyen de notes et de conférences, les conditions de la reddition furent fixées. Le lendemain matin, la plupart des clauses importantes étaient connues dans le camp et, pratiquement, Ar était tombée. (Le Tarnier de Gor, p. 240)

Le marchandage des Initiés avait principalement pour but d’assurer leur sécurité personnelle et, autant que possible, d’éviter la complète mise à sac de la cité. La première condition de leur capitulation était que Pa-Kur accorde une amnistie générale pour eux-mêmes et leurs temples. C’était caractéristique des Initiés. Bien qu’ils soient les seuls Goréens à se prétendre immortels en vertu des mystères qu’ils pratiquent et qui sont interdits aux profanes, ce sont peut-être les plus peureux des hommes de Gor. (Le Tarnier de Gor, p. 240)

Pa-Kur consentit volontiers à cette condition. Un massacre général d’Initiés serait considéré par ses troupes comme de mauvais augure et, de plus, ils seraient utiles pour tenir en main la population. Les Ubars ont toujours employé les Initiés comme des outils, certains des plus audacieux affirmant même que la fonction sociale des Initiés est de maintenir les Basses Castes satisfaites de leur statut servile. La seconde condition majeure posée par les Initiés était que la Cité soit occupée par une garnison de seulement dix mille hommes triés sur le volet et que le reste de la horde ne soit autorisé à franchir les portes que désarmé. (Le Tarnier de Gor, p. 241-242)

Pour sa part, Pa-Kur demanda et obtient l’habituel tribut du sang imposé par les vainqueurs goréens. La population serait complètement désarmée. La possession d’une arme serait considérée comme un crime capital. Les officiers de la Caste des Guerriers et leurs familles seraient empalés et, sur l’ensemble de la population, un homme sur dix serait exécuté. Les mille plus belles femmes d’Ar seraient données à Pa-Kur comme Esclaves de Plaisir pour être distribuées à ses officiers supérieurs. Quant aux autres femmes libres, trente pour cent des plus robuste et es plus attrayantes seraient vendues aux enchères à ses troupes dans la Rue des Marques, le produit de la vente allant dans les coffres de Pa-Kur. Une levée de sept mille jeunes hommes serait effectuée pour combler ses pertes en Esclaves de Siège. Les enfants au-dessous de douze ans seraient répartis au hasard ans les Cités Libres de Gor. Quant aux esclaves d’Ar, ils appartiendraient au premier qui changerait leur collier. (Le Tarnier de Gor, p. 241)

– Une condition de la reddition, m’apprit-il. L’empalement de Talena, fille de Marlenus, Ubar félon d’Ar. (Le Tarnier de Gor, p. 242)

Je lançai un tarnet d’or au Gardien des Tarns. Il avait bien accompli sa tâche. Il balbutia en me le tendant pour que je le reprenne. Un tarnet d’or représente une petite fortune. Il permet d’acheter un des grands oiseaux ou jusqu’à cinq esclaves femmes. (Le Tarnier de Gor, p. 244)

Le cylindre était blanc, couleur que les Goréens associent souvent avec l’impartialité. Plus précisément, elle indiquait que la justice qui y était dispensée était la justice des Initiés. (Le Tarnier de Gor, p. 248)

Il y a deux systèmes de tribunaux sur Gor : ceux de la Cité, sous la juridiction de l’Administrateur ou de l’Ubar, et ceux des Initiés, sous la juridiction du Haut Initié de cette Cité; la division correspond en gros à celle entre le civil et ce que, faute d’un meilleur mot, l’on pourrait appeler les tribunaux ecclésiastiques. Les zones de juridiction de ces deux types de tribunaux ne sont pas bien définies. Les Initiés revendiquent la juridiction finale dans tous les domaines, en vertu de leurs rapports présumés avec les Prêtres-Rois, mais cette prétention est contestée par les juristes civils. (Le Tarnier de Gor, p. 248)

L’endroit était sombre mais pas entièrement obscur. Il était éclairé par des ampoules électriques en forme de dôme, protégées par un grillage, répartie par deux tous les cent mètres environ. Ces ampoules, inventées il y a plus d’un siècle par la Caste des Constructeurs, produisent une douce lumière claire pendant des années sans avoir besoin d’être remplacées. (Le Tarnier de Gor, p. 252)

Les Initiés n’exécutent pas eux-mêmes leurs victimes, car répandre le sang est interdit par les croyances qu’ils considèrent comme sacrée. (Le Tarnier de Gor, p. 262)

– Meurs de la Mort par le Feu ! clama-t-il.
J’avais entendu perler de cette mort par mon père et par Tarl l’Aîné, ce destin légendaire qui s’abat sur ceux qui ont transgressé la volonté des Prêtres-Rois. Je ne connaissais presque rien des fabuleux Prêtres-Rois, mais je me doutais que quelque chose de ce genre devait bien exister, car j’avais été amené sur Gor par une technologie avancée et je savais qu’une certaine force, ou un certains pouvoir, se trouvait dans les Monts Sardar. Je ne pensais pas que les Prêtres-Rois étaient divins, mais je croyais à leur existence, je croyais qu’ils étaient au courant de ce qui se passait sur Gor et que, de temps à autre, ils imposaient leur volonté. Je n’aurais même pas pu dire s’ils étaient humains ou non mais, qui ou quoi qu’ils fussent, par leur science et leur technologie, ils étaient pratiquement les dieux de ce monde. (Le Tarnier de Gor, p. 264-265)

… En croupe derrière Kazrak, portant la buffleterie des tarniers, chevauchait la belle Sana de Thentis. (Le Tarnier de Gor, p. 270)

Alors, suivant la rude coutume nuptiale de Gor, tandis qu’elle se débattait furieusement mais gaiement – se tortillant, protestant et feignant de résister -, je la ligotai bel et bien et travers de la selle du tarn. Ses poignets et ses chevilles étaient arrimés et elle gisait devant moi, arquée sur la selle, réduite à l’impuissance, captive mais d’amour et de sa propre volonté. (Le Tarnier de Gor, p. 273)

Et, avant même que nous ayons dépassé les remparts extérieurs d’Ar, j’avais délié ses chevilles et lancé son unique vêtement vers les rues au-dessous, pour montrer à son peuple quel avait été le sort de la fille de son Ubar. (Le Tarnier de Gor, p. 274)

… Et je me demande si, sur ce monde, une femme maintenant mûrie pense à moi et peut-être aussi aux secrets que je lui ai dit exister derrière son soleil – Tortu-Gor, la Lumière sur la Pierre du Foyer. (Le Tarnier de Gor, p. 275)

Les Pierre du Foyer des Douze Cités Tributaires furent rendues et les hommes de ces cités qui avaient servi Pa-Kur furent autorisés à rentrer dans leurs cités en liesse. Les mercenaires qui étaient venus former sous sa bannière un important contingent furent gardés comme esclaves ouvriers pour une durée d’un an afin de combler les vastes fossés et tunnels d’assaut, de réparer les dégâts énormes subit par les remparts d’Ar et de reconstruire ceux de ses immeubles qui avaient été endommagés ou incendiés au cours des combats. À la fin de leur année de servitude, ils furent renvoyés – sans armes – dans leurs cités natales. (Le Tarnier de Gor, p. 276)

Les officiers de Pa-Kur, au lieu d’être empalés, furent traités de la même manière que les simples soldats, à leur grand soulagement sinon à leur grand scandale. Les membres de la Caste des Assassins, la caste la plus haïe de Gor, qui avaient suivi Pa-Kur, furent enchaînés et embarqués sur le Vosk à destination des cargos qui sillonnent les océans de Gor, où ils seraient galériens. (Le Tarnier de Gor, p. 276)

Chose curieuse, le corps de Pa-Kur ne fut pas retrouvé au pied du Cylindre de Justice. Je suppose qu’il a été détruit par les citoyens d’Ar en fureur. (Le Tarnier de Gor, p. 277)

Marlenus, malgré son rôle héroïque dans la victoire, se soumit au jugement du Conseil des Hautes Castes d’Ar. La sentence de mort rendue contre lui par le gouvernement usurpateur des Initiés fut cassée mais, parce qu’on redoutait son ambition impérialiste, il fut exilé de sa Cité bien-aimée. Un homme comme Marlenus ne peut jamais être le second dans une cité et les citoyens d’Ar étaient résolus à ce qu’il ne soit plus jamais le premier. En conséquence, l’Ubar, les larmes aux yeux, se vit refuser publiquement le pain et le sel et, sous peine de mort, reçut l’ordre de quitter Ar au coucher du soleil et de ne jamais approcher de la cité à moins de dix pasangs.
Avec une cinquantaine de partisans qui l’aimaient plus que les remparts qui les avaient vus naître, il s’enfuit à dos de tarn jusqu’à la Chaîne des Voltaï où, du haut de ces pics, il pouvait contempler les tours d’Ar dans le lointain. Je pense qu’il règne aujourd’hui encore dans cette immensité inhospitalière; que Marlenus impose toujours sa loi dans les montagnes écarlates des Voltaï, larl parmi les hommes, roi banni, pour ses partisans à jamais l’Ubar des Ubars. (Le Tarnier de Gor, p. 277)






Découvertes de nouveaux blogues québécois!



Leave a Reply


  Je veux découvrir des blogues!
×

Les meilleurs blogueurs québécois!

Abonnez-vous et faites rayonner les meilleurs blogueurs indépendants du Québec!


Non merci, ça me tente pas!