Les Prêtres-Rois de Gor

J’étais parvenu quatre jours auparavant, à dos de tarn, au pied de la gigantesque palissade noire qui enclôt les terrifiantes Sardar, ces sombres montagnes couronnées de glace, consacrées aux Prêtres-Rois, interdites aux hommes, aux mortels, à toute créature de chair et de sang. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 5)

… Il avait une fois tenté de me faire franchir la palissade en direction des Monts, mais jamais plus je ne me risquerais à un tel vol. L’oiseau avait été pris dans le réseau invisible protégeant les Prêtres-Rois, réseau d’où l’on ne réchappe pas, probablement un champ de force inconnu qui doit affecter le fonctionnement de l’oreille interne; devenue incapable de commander ses mouvements, la pauvre créature était retombée au sol, désorientée et désemparée. À ma connaissance, aucun animal de Gor ne pouvait pénétrer dans les Sardar. Seuls les hommes y entraient, mais n’en revenait jamais. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 5)

Je regrettais d’avoir dû rendre sa liberté au tarn, parce que c’était un oiseau magnifique, puissant, intelligent, farouche, courageux, loyal. Et, chose étrange, je crois qu’il s’était attaché à moi. Du moins l’aimais-je bien. Et il me fallut recourir à un langage brutal pour le chasser loin de moi. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 5)

De plus, les membres de castes telles que celles des Médecins et des Constructeurs se servent des foires pour la communication de renseignements et de méthodes pratiques entre Frères de Caste, comme le prescrivent les Codes, même lorsqu’il existe des tensions entre leurs cités respectives. Et comme on doit s’y attendre, les membres de la Caste des Scribes s’y rassemblent pour tenir leurs débats, étudier et échanger leurs manuscrits. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 7)

… Je n’allais pas le chercher dans cette foire et, même s’il s’y trouvait, je ne l’informerais pas de ma présence car, de par la volonté des Prêtres-Rois, deux hommes de Ko-ro-ba n’avaient pas le droit de marcher côte à côte, et je ne tenais nullement à mettre en péril la vie du petit scribe. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 8)

Je tiens par ailleurs à préciser que les foires sont assujetties à la Loi Marchande et que les frais en sont couverts par la location des emplacements et les taxes perçues sur les articles en vente. l’organisation commerciale de ces marchés, du change des devises à la finance au sens large, est la meilleure que je connaisse sur Gor, à l’exception de celle de la Rue des Monnaies d’Ar; on y accepte les lettres de crédit, on y négocie des prêts, bien souvent à des taux excessifs, avec une indifférence inconsidérée. Pourtant, ce n’est peut-être pas tellement surprenant, car les cités goréennes appliquent dans leurs propres murs la Loi Marchande quand il le faut, même contre leurs propres citoyens. Sinon, bien entendue, les foires seraient interdites aux habitants de la ville en cause. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 9)

Les compétitions dont j’ai fait mention et qui se déroulent lors des foires sont pacifiques, comme on s’y attendrait, ou du m oins ne comportent pas de combats aux armes. Il est même considéré comme une offense envers les Prêtres-Rois d’ensanglanter ses armes sur un marché. Je dois cependant faire observer que ces derniers paraissent beaucoup plus tolérants en matière d’effusion de sang en d’autres lieux. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 9)

Les combats armés, menés jusqu’à la mort, ne sont cependant pas inconnus sur Gor et sont même très populaires dans certaines cités. Les luttes de ce genre, qui mettent le plus souvent en lice des criminels ou des soldats de fortune (dépourvus de cette dernière), rapportent des prix, une amnistie ou de l’or; ils sont en général organisés par des gens riches qui veulent s’acquérir la faveur du peuple dans leur ville. Ce sont quelquefois des marchands désirant faire valoir leurs produits, parfois des gens de loi qui souhaitent obtenir des voix dans le corps des jurés, ou encore des Ubars ou de Grands Initiés qui ont intérêt à amuser la foule. De telles compétitions, accompagnées de pertes de vies, étaient très à la mode à Ar, par exemple, où elles étaient dirigées par la Caste des Initiés – qui se considèrent comme les intermédiaires entre les Prêtres-Rois et les autres hommes, bien que je les soupçonne, au moins dans leur ensemble, de ne pas en savoir davantage sur les Prêtres-Rois que les non-Initiés. Il faut dire que ces combats ont été abolis à Ar quand Kazrak de Port Kar est devenu l’Administrateur de la ville. Sa décision n’a guère plu à la puissante Caste des Initiés. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 9-10)

Toutefois, j’ai plaisir à affirmer que les compétitions sur les marchés n’allaient pas plus loin que la lutte à mains nues, et que les prises mortelles y étaient interdites. Ces jeux se composent de courses, de concours de force et d’adresse à l’arc et au javelot. D’autres épreuves intéressantes opposent les chœurs, les poètes et les acteurs des diverses villes, dans les théâtres improvisés sur le terrain. J’ai eu en un temps un ami, Andreas de Tor – la ville du désert – qui, ayant chanté à la foire, y a gagné un bonnet rempli d’or. inutile d’ajouter que les rues du marché abondent en jongleurs, marionnettistes, musiciens et acrobates qui, loin des théâtres, entrent en compétition à la mode ancienne pour attirer les tarnets de bronze de la foule turbulente, sans cesse en mouvement. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 10)

Bien qu’il ne soit pas permis de prendre des esclaves parmi les visiteurs du champ de foire, on peut en acheter et en vendre dans l’enclos réservé, et les marchands y font de bonnes affaires, peut-être seulement dépassées par celles conclues dans la Rue des Marques d’Ar. la raison n’en est pas seulement qu’il existe un marché actif pour cette marchandise spéciale puisque les hommes de diverses cités vont et viennent librement parmi cette cohue, mais aussi que tout Goréen, homme ou femme, doit voir au moins une fois en sa vie les Monts Sardar, en l’honneur des Prêtres-Rois, et ce avant d’avoir atteint l’âge de 25 ans. En conséquence, les pirates et les bandits qui hantent les routes commerciales pour y tendre des embuscades et attaquer les caravanes se rendant à la foire, quand ils ont eu le dessus, acquièrent-ils davantage que des objets ou des vêtements en récompense de leurs viles actions. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 10)

Ce pèlerinage aux Sardar, imposé par les Prêtres-Rois – selon les dires de la Caste des Initiés -, joue sans nulle doute son rôle dans la répartition de la beauté entre les villes hostiles de Gor. Alors que les hommes qui accompagnent la caravane sont souvent tués en se défendant ou dispersés ensuite, ce sort heureux ou non est rarement celui des femmes du convoi. Ce sera leur triste destin de se voir dévêtues, chargées des colliers et des chaînes des filles esclaves, et forcées de suivre à pied les chariots en route pour la foire. Pire encore, si les tharlarions de la caravane ont été tués ou se sont enfuis, elles devront porter sur leur dos toutes les marchandises. Ainsi, l’un des résultats visibles de la loi des Prêtres-Rois est que toute fille de Gor doit, au moins une fois dans sa vie, quitter ses murs pour courir le très haut risque de devenir esclave, et peut-être la proie choisie par quelque pirate ou hors-la-loi. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 11)

Je m’étais mis à réfléchir à tout ça en voyant quelques hommes de Port Kar – une ville sauvage sur la côte du Golfe de Tamber – exposer une chaîne de vingt filles aux yeux mornes, fraîchement marquées, dont beaucoup étaient belles. Elles venaient de la ville insulaire de Cos, et avaient sans nul doute été capturées en mer, où leur vaisseau avait été incendié ou coulé. Tous leurs charmes se révélaient pleinement aux yeux d’amateurs possibles qui les examinaient une à une. Elles étaient enchaînées les unes aux autres par le cou, les poignets retenus derrière le dos par les traditionnels bracelets, et elles se tenaient agenouillées dans la position habituelle des Esclaves de Plaisir. quand un acheteur éventuel s’arrêtait devant l’une d’elles, un des gredins barbus de Port Kar la poussait du manche de son fouet par lui faire relever la tête et répéter avec hébétude la phrase rituelle de l’esclave examinée :  » Achète-moi, Maître.  » (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 11)

Elles avaient cru venir aux Sardar en femmes libres, pour s’acquitter de leur devoir envers les Prêtres-Rois. Elles repartiraient de la foire en filles asservies. Je me détournai. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 12)

On raconte qu’ils savent tout ce qui se passe sur leur monde, et qu’il leur suffit de lever la main pour invoquer d’un coup toutes les forces de l’univers. J’avais moi-même vu s’exercer leur puissance et je savais qu’ils existaient. J’avais voyagé en personne à bord d’un vaisseau des Prêtres-Rois qui m’avait, par deux fois, transporté sur ce monte ; j’avais vu leurs pouvoirs agir avec assez de délicatesse pour modifier l’angle d’une aiguille de boussole, ou se manifester si lourdement qu’une ville entière avaient été détruite, sans qu’il reste la moindre trace de ce qui avait été autrefois la demeure des hommes. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 12)

On dit que ni les complications matérielles du cosmos, ni les émotions des êtres humains n’échappent à leur vaste puissance, que sentiments humains et mouvements des atomes et des étoiles ne font qu’un pour eux, qu’ils dominent même les forces de la gravité et savent manipuler le cœur des mortels ; j’ai cependant quelques doutes sur ce dernier point, depuis qu’une fois, sur la route de Ko-ro-ba, ma Cité, j’ai rencontré un homme qui avait été messager des Prêtres-Rois, un homme qui avait réussi à leur désobéir, une homme dont le crâne avait brûlé et éclaté, mais d’où, parmi les fragments calcinés, j’avais retiré une poignée de fils dorés. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 12)

… Il avait acquis sa liberté, bien que, selon l’expression goréenne, elle l’eût conduit aux Cités de Poussière où, je crois, les Prêtres-Rois eux-mêmes ne tiendraient pas à le suivre. En homme, il avait brandi le poing contre la puissance des Prêtres-Rois, aussi était-il mort, mais dans un défi et, malgré l’horreur de son trépas, avec beaucoup de noblesse. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 12)

J’appartiens à la Caste des Guerriers, et notre code déclare que la seule mord digne d’un homme est sur le champ de bataille, mais je n’arrive plus à croire que ce soit vrai, car l’homme que j’avais rencontré un jour sur la route de Ko-ro-ba avait connu une belle mort et m’avait enseigné que mon propre code ne contient pas toute sagesse et vérité. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 13)

… Il était incapable de lire mon manuscrit, rédigé en anglais, langue aussi étrangère pour lui que le serait le goréen pour vous, et cependant il le conserverait comme un bien des plus précieux, car il était Scribe et c’est le propre des Scribes de chérir l’écrit et le préserver de tout dommage; (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 14)

Le larl est un animal prédateur de très grande taille, armé de griffes et de crocs, atteignant parfois plus de deux mètres au garrot. Je crois que l’on pourrait le qualifier, en gros, de félin ; en tout cas, la grâce de son corps et la souple puissance de ses muscles me rappellent les léopards de mon vieux monde, plus petit mais tout aussi terribles.

J’imagine que cette ressemblance est due au mécanisme de l’évolution convergente, les deux animaux ayant été façonnés par les exigences de la chasse – silence de l’approche et charge à l’improviste – ainsi que par la nécessité de tuer rapidement et sans miséricorde. S’il existe une forme optimale pour une bête de proie au sol, je crois que la palme en revient dans mon vieux monde au tigre de Bengale ; mais sur Gor, le premier prix appartient sans conteste au larl des montagnes ; et je reste persuadé que les similitudes de structure des deux espèces sont autre chose qu’une simple affaire de hasard.

Le larl a la tête large de plus de soixante centimètres, d’une forme à peu près triangulaire, ce qui lui donne un peu l’apparence d’une tête de vipère, avec naturellement la différence que le larl a un pelage et que ses pupilles ressemblent davantage à celles du chat, ayant la faculté de s’étrécir en minces fentes en pleine lumière et de s’agrandir en lunes sombres pour scruter la nuit.

Le pelage du larl est normalement fauve rougeâtre ou noir de zibeline. Le larl noir, mâle ou femelle, chasse surtout la nuit et porte une crinière. Le larl rouge, qui chasse quand il a faim, quelle que soit l’heure, et constitue la variété la plus répandue, n’a pas de crinière. Les femelles des deux races sont en général plus petites que les mâles, mais tout aussi agressives et parfois même plus dangereuses, notamment à la fin de l’automne et pendant l’hiver, alors qu’elles chassent probablement pour nourrir leurs petits. J’ai une fois tué un larl rouge mâle dans la Chaîne des Voltaï, à quelques pasangs à peine de la Cité d’Ar. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 17-18)

Dans les Monts Voltaï, des bandes de chasseurs, généralement de la Cité d’Ar, traquent le larl avec la puissante lance goréenne. Normalement, ils se mettent en file indienne et le chasseur qui vient en tête est appelé Premier Javelot, car il sera le premier à lancer son arme. Dès qu’il a lâchée, il se jette au sol et se protège le corps de son bouclier, et les autres hommes font de même derrière lui, l’un après l’autre. cela permet à chacun d’avoir le champ libre pour le lancer, et cela assure une certaine protection une fois le javelot parti.

Cependant, la raison principale en devient claire quand on comprend le rôle de l’homme en queue de file, que l’on appelle Dernier Javelot. Une fois que ce dernier a lancé à son tour sa pointe, il ne peut pas se jeter à terre. S’il le faisait et qu’un seul ou plusieurs de ses camarades en sortent vivants, ils le mettraient à mort. Mais cela n’arrive pas souvent car les chasseurs de Gor redoutent la lâcheté plus encore que les griffes et les crocs du larl. Le Dernier Javelot doit rester debout et, si la bête est encore en vie, il encaisse sa charge avec sa seule épée. Il ne se plaque pas au sol, afin de rester bien en vue du larl et d’être ainsi la victime de l’attaque furieuse de la bête blessée. C’est ainsi que , si les javelots ont manqué la cible, il sacrifie sa vie au bénéfice de ses compagnons qui peuvent s’enfuir pendant que le larl le déchire de ses griffes. Cela peut paraître cruel mais, à la longue, cela s’avère être une manière de protéger des vies humaines. Comme le disent les Goréens, mieux vaut voir mourir un homme que plusieurs.

Le Premier Javelot est généralement le plus habile parce que, si le larl n’est pas tué ou gravement blessé dès le premier jet, la vie de tous les autres – pas seulement celle du Dernier – se trouve menacée. C’est peut-être un paradoxe, mais le Dernier Javelot est normalement le plus faible des chasseurs, le moins adroit. Est-ce parce que la tradition de la chasse favorise le plus faible, en le faisant protéger par les lanceurs plus forts, ou parce qu’elle méprise le faible, le considérant comme le moins utile au groupe, je l’ignore. L’origine de ces pratiques se perd dans la nuit des temps, elle est probablement aussi ancienne que les hommes, les armes et les larls. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 19-20)

… et je vis deux énormes larls blancs, d’abord figés dans une paralysie provisoire ;…

Ils étaient gigantesques, superbes, atteignant peut-être deux mètres quarante au garrot.

Leurs canines supérieures, telles des dagues emmanchées dans leurs maxillaires, mesuraient bien trente centimètres de long et descendaient au-dessous de la mâchoire inférieure comme chez les préhistoriques tigres à dents de sabre. Les quatre narines fendues de chacun des animaux se dilataient, et leurs vastes poitrines se soulevaient et se rabaissaient sous l’intensité de leur colère. Leurs longues queues, ornées à leur extrémité d’une touffe de poils, battaient leurs flancs en un mouvement alternatif et saccadé. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 22-23)

À ma grande stupeur, un homme sortit du corridor, clignant les paupières sous le soleil. Sa barbe blanche ressemblait assez à celles des Initiés. Il portait des sandales. Il avait les joues rouges et le crâne chauve. De longs favoris jaillissaient drôlement de son visage plutôt banal. Ses petits yeux clignotaient sous d’épais sourcils blancs. Ce qui me surprit le plus, c’est qu’il tenait à la main une minuscule pipe ronde d’où montait une brillante spirale de fumée. Le tabac est inconnu sur Gor, bien que diverses habitudes ou vices le remplacent, en particulier le stimulant que fournissent les feuilles mastiquées de la plante Kanda dont, chose curieuse, les racines, une fois pilées et séchées, deviennent un poison des plus mortels. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 25)

Elle portait une robe blanche simple, longue, sans manches, qui se drapait autour de son corps en plis chastes, classiques. Elle avait enroulé avec élégance un foulard de soie blanche à son cour.

– Je suis Vika, votre esclave, me déclara-t-elle. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 36)

Mais son collier ne portait pas le nom de son propriétaire ni de sa cité, contrairement à la coutume. J’y avais simplement déchiffré le nombre goréen correspondant à « 708 « .

  • Tu peux user de moi selon ton bon plaisir, reprit-elle en pivotant pour me regarder. Tant que tu resteras dans cette chambre, je t’appartiendrai.
  • Je ne comprends pas.
  • Je suis Esclave de Chambre, précisa-t-elle.
  • Je ne comprends toujours pas.
  • Cela signifie… (elle s’irritait)… que je suis confinée à cette pièce et que je suis l’esclave de quiconque y séjourne.
  • Mais tu peux certainement en sortir, protestai-je.

Je désignai du geste la baie grande ouverte, sans battants ni grille, qui donnait visiblement sur un corridor.

  • Non, répéta-t-elle d’un ton amer. Je ne peux pas m’en aller. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 37-38)
  • Ici, dans les Sardar, reprit-elle en virant pour me faire face, toute tremblante, ils m’ont emmenée dans les tunnels et m’ont fixé sur la tête un affreux globe de métal avec des lumières et des fils et, quand ils m’ont relâchée, ils m’ont montré une plaque de métal et m’ont expliqué que les circuits de mon cerveau, mes souvenirs les plus anciens et les plus primitifs étaient enregistrés sur cette plaque…

J’écoutais attentivement, conscient que cette fille, même si elle était de Haute Caste, ne pouvait guère comprendre ce qui lui était arrivé. Les Prêtres-Rois ne permettent au membres des Hautes Castes que la Connaissance Seconde, alors que les castes plus basses n’ont droit qu’à la plus rudimentaire Connaissance Première. J’avais présumé qu’il existait une Connaissance Troisième, celle réservée aux Prêtres-Rois, et le récit de la fille semblait vérifier mon hypothèse. Je ne pouvais pas moi-même comprendre les processus complexes que supposait la machine dont elle parlait, mais le but poursuivi et les principes théoriques mis en jeu étaient assez clairs. Cet enfin devait être quelque sondeur qui enregistrait en trois dimensions les microstats du cerveau et notamment ceux des couches profondes, moins faciles à modifier. Si l’opération était bien menée, le résultat en était une plaque beaucoup plus personnalisée que des empreintes digitales ; ce devait être aussi intime que l’histoire de sa propre vie ; bien plus, en un sens, car ce devait être la reproduction matérielle de cette même vie, une forme analogique de son passé tel qu’elle l’avait vécu. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 41)

J’appris que la température de l’eau qui jaillissait du trou dans le mur se réglait selon l’angle d’inclinaison de l’ombre de la main sur la cellule photoélectrique placée au-dessus du robinet. La quantité d’eau était proportionnelle à la vitesse de déplacement de la main devant la cellule.

Il m’intéressa de constater que l’on obtenait de l’eau chaude quand l’ombre passait de droite à gauche, et de la froide en passant de gauche à droite. Cela me rappela les robinets de la Terre, l’eau chaude est à gauche et la froide à droite. Sans nul doute existe-t-il une raison commune pour avoir adopté cette disposition sur Gor comme sur Terre : on utilise davantage d’eau froide que d’eau chaude et la plupart des consommateurs sont droitiers. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 47)

La nourriture que Vika puisait dans les placards n’était pas réfrigérée, mais protégée par une substance ressemblant à une feuille de plastique bleu. Elle était fraîche et appétissante.

Pour commencer, elle mit à bouillir, puis à mijoter, une soupe bien connue sur Gor, ne contenant que trois ingrédients que l’on peut trouver, dit-on, n’importe où sauf sur les roches. Les composants essentiels du Sullage sont le Sul, fruit brun et doré de la vigne Sul aux feuilles d’or ; les rouges et ondulées, en forme d’ovale, du Tur-Pah, un parasite arboricole, cultivé dans les vergers d’arbres Tur ; et les racines secondaires, bleues et salées, du buisson Kes Shrub, une petite plante aux longues racines qui prospère particulièrement en sol sablonneux. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 47-48)

La viande était une tranche de filet de bosk, un énorme bovin aux longs poils, aux longues cornes et au mauvais caractère, qui se déplace en troupeau importants dans les prairies de Gor. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 48)

Outre le Sullage et le steak de bosk, il y avait l’inévitable miche plate et ronde de pain jaune de Sa-Tarna. Le repas se compléta d’une grappe de raisin et d’une gorgée d’eau prise au robinet mural. Les raisins étaient violets et je présumai qu’ils provenaient des vignobles des terrasses inférieures de l’île de Cos, à quelque quatre cents passang de Port Kar.

…. S’il s’agissait vraiment des raisins de Ta, j’imaginais qu’ils avaient dû venir à bord des galères de Cos à Port Kar, puis de Port Kar à la Foire d’En’Kara. Port Kar et Cos sont ennemis héréditaires, mais ces traditions ne s’opposent vraisemblablement pas à une contrebande aussi profitable. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 48)

Elle ne s’était pas préparé de repas mais, après m’avoir servi, elle s’était agenouillée sans bruit non loin de moi, le corps reposant sur ses talons, dans la posture d’une Esclave de Tour, à laquelle incombaient surtout les tâches domestiques dans les appartements des cylindres goréens. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 48)

Au repos, l’homme goréen s’assied en général les jambes croisées, et la femme s’agenouille, reposant le poids du corps sur ses talons. La posture de l’Esclave de Tour, qu’avait adoptée Vika, ne diffère de celle de la femme libre qu’en ce que l’esclave ramène les poignets devant elle et, si elle est inoccupée, les tient croisés comme pour qu’on les lie. Jamais les poignets d’une femme libre ne sont placés ainsi. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 49)

À ce propos, la posture de l’Esclave de Plaisir diffère de celles de la femme libre et de l’Esclave de Tour. Normalement, les mains de l’Esclave de Plaisir reposent sur ses cuisses, mais dans diverses villes, à Thentis par exemple, elles sont croisées derrière le dos. Plus important, si les mains de la femme libre peuvent également reposer sur ses cuisses, il y a une différence dans la position des genoux. Il est cependant à remarquer que dans toutes ces positions agenouillées, même celle de l’Esclave de Plaisir, la femme goréenne se tient toujours avec dignité ; elle a le dos droit, le menton haut. Elle cherche à plaire et éveillée. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 49-50)

  • S’il te plaît, répondit-elle, j’ai faim.

Je restai bouche bée. Elle ne s’était rien préparé, aussi m’étais-je dit qu’elle avait déjà mangé, ou qu’elle n’avait pas faim, qu’elle dînerait plus tard.

  • Prépare-toi quelque chose, fis-je, étonné.

– Je ne peux pas, dit-elle avec simplicité. Je ne peux manger que ce que tu me donnes. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 51)

À ce propos, le goréen est une belle langue, aussi directe que le latin, aussi expressive que le russe, aussi riche que l’anglais, aussi vigoureuse que l’allemand. Pour les Goréens, elle est toujours et simplement la Langue, comme s’il n’en existait pas d’autres, et l’on considère aussitôt comme des barbares ceux qui ne la parlent pas. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 56)

… Cela me rappelait un peu l’odeur de la poudre brûlée.

J’avais surpris l’odeur d’un Prêtre-Roi. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 60-61)

Treve était une cité guerrière, située quelque part dans les splendeurs dépourvues de pistes de la Chaîne montagneuse des Voltaï. Je n’y étais jamais allé, mais je connaissais la cié de réputation. On disait ses guerriers farouches et courageux, ses femmes fières et belles. On mettait ses tarniers sur le même plan que ceux de Thentis, fameuse pour ses élevages de tarns, et que ceux de Ko-ro-ba et même de la grande Ar. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 66)

Il était rare qu’une fille de Treve monte sur l’estrade de la vente aux enchères. J’imaginai que Vika aurait coûté cher si j’avais dû l’acheter à Ar ou à Ko-ro-ba. Même quand elles ne sont pas belles, les filles de Treve sont hautement prisées par les collectionneurs en raison de leur rareté. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 66)

Treve se situait, disait-on, dans les hauteurs, à quelques sept cents pasangs d’Ar, en direction des Sardar. Je n’avais jamais vu cette ville indiquée sur une carte, mais j’avais vu le territoire qui portait le même nom. Le lieu précis de la cité m’était donc inconnu, et sans doute bien peu de gens le connaissaient-ils, en dehors de ses propres citoyens. Il n’y avait pas de route pour s’enfoncer vers la cité, et ceux qui pénétraient sur son territoire en revenaient rarement.

La rumeur voulait qu’on ne puisse se rendre à Treve autrement qu’à dos de tarn, ce qui laissait penser qu’il s’agissait d’une forteresse de montagne aussi bien que d’une ville. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 66)

On disait que l’agriculture y était inconnue, et c’était vraisemblable. On racontait également que tous les ans, à l’automne, les tarniers de Treve sortaient des Voltaï et, comme un vol de sauterelles, s’abattaient sur les champs d’une cité ou d’une autre – une ville différente chaque année -, ramassant ce qui leur était nécessaire, et incendiaient le reste pour que l’on ne puisse pas entreprendre une campagne de représailles contre eux en hiver. Un siècle auparavant, les tarniers de Treve avaient même réussi à tenir en échec ceux d’Ar durant une violente bataille qui s’était livrée sous le ciel orageux surplombant les roches hérissées des Voltaï. J’avais entendu des poètes célébrer cet événement. Depuis lors, les pillages s’étaient poursuivis sans obstacle, bien que les hommes de Treve ne se soient plus jamais attaqué aux champs d’Ar. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 66-67)

Le verr est une chèvre de montagne originaire des Voltaï. Un animal sauvage, agile, méchant, à longs poils, aux cornes en spirale. Parmi les rochers escarpés des Voltaï, c’était risquer sa vie que d’en approcher une à moins de vingt mètres. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 69)

Oui, je connaissais bien la réputation de Treve. Une ville riche de butin, probablement aussi inaccessible et imprenable qu’un nid de tarn. En réalité, on surnommait même Treve le Tarn des Voltaï. Une citadelle insolente, jamais conquise, une forteresse tenue par des hommes dont toute la vie était vouée au banditisme, dont les femmes se paraient des dépouilles de cent villes. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 69)

Je permettais à Vika de partager mon lit, sur les draps soyeux, sous les chaudes fourrures.

C’était toutefois inhabituel car, en temps normal, l’esclave goréenne dort aux pieds de son maître, souvent sur une simple natte, avec, pour toute protection contre le froid, une mince couverture d’un tissu semblable au coton, fabriqué à partir des fibres de la plante Rep.

Si elle avait récemment déplu à son maître, elle pouvait, naturellement, à titre de mesure disciplinaire, être enchaînée nue à l’anneau fixé au pied de la couche, sans avoir alors ni natte ni couverture. Les pierres du sol sont dures et les nuits de Gor froides, et il est fort rare que la fille, une fois libérée au matin, ne s’efforce pas de mieux servir le maître. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 73)

À ce propos, le même traitement peut s’appliquer à une Libre Compagne, quand on pense qu’elle le mérite, bien qu’elle soit indépendante et, en général, très aimée. Selon la façon de voir des Goréens, goûter un peu à l’anneau d’esclave est, à l’occasion, bénéfique à toutes les femmes, même aux respectées Libres compagnes.

C’est pourquoi la Libre Compagne, si elle se montre irritable ou ennuyeuse de quelque manière, peut se retrouver nue au pied du lit, avec la perspective de passer toute une nuit sans natte sous elle, sans couverture sur elle, comme la plus inférieure des esclaves.

C’est ainsi que les Goréens lui rappellent, en cas de nécessité, qu’elle n’est quand même qu’une femme, et qu’en tant que telle, reste soumise à l’homme. si jamais elle l’oubliait un instant, l’anneau lui rafraîchirait la mémoire. Gor est un monde d’hommes. . (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 73)

La femme goréenne, pour des raisons que je ne m’explique pas clairement étant donné la civilisation de ce monde, tire plaisir de sa condition de femme. C’est souvent une créature excitante, magnifique, resplendissante, vive, active, animée, avec son franc parler. Dans l’ensemble, je la trouve plus joyeuse que nombre de ses sœurs terriennes qui, au moins en principe, jouissent d’un statut plus élevé, même si je dois admettre avoir rencontré sur ma vieille planète plusieurs femmes qui adoptaient l’attitude goréenne et se glorifiaient de la radieuse réalité de leur sexe, de leur joie de vivre, de leur grâce et de leur beauté, de leur tendresse et de leur immense capacité d’amour que nous autres, tristes hommes, ne comprenons souvent pas, que, je le crains nous n’acceptons pas. . (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 74)

Selon la coutume, l’esclave n’a pas même le droit de monter sur la couche de son maître pour satisfaire à ces plaisirs. J’imagine que cette interdiction vise à établir plus nettement la distinction entre elle et la Libre Compagne. Toujours est –il que l’accès de la couche est exclusivement réservé à ces dernières.

Quand le maître désire se servir de son esclave, il lui fait allumer la lampe de l’amour, ce dont elle s’acquitte docilement ; puis elle va la placer à la fenêtre de la chambre, pour qu’on ne les dérange pas. Ensuite, c’est le mâitre qui, de son propre gré, jette sur le sol de la chambre les riches fourrures de l’amour – parfois des peaux de larl – et ordonne à la fille de s’y allonger. . (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 74)

Je savais que les restrictions des castes goréennes, bien que fondées sur la naissance, n’étaient pas inflexibles et que tout homme qui ne tenait pas à la sienne pouvait en changer, si le Conseil Supérieur de sa cité l’y autorisait. Cela dépendait généralement de ses aptitudes pour le travail d’une autre caste, ainsi que de la bonne volonté des membres de cette dernière à l’admettre comme Frère. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 78)

  • Sais-tu ce qu’est une Esclave de Plaisir ?
  • Oui.

– C’est une femme de l’espèce humaine, précisa-t-elle mais dressée comme une bête pour sa beauté et son adresse à satisfaire les envies d’un maître. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 79-80)

D’une certaines façon, c’était très beau, tout doré et très grand, et ça me dominait. Ça ne faisait pas plus d’un mètre de large, mais la tête affleurait le haut de l’entrée. Ça devait donc mesurer environ dix-huit pieds de haut.

Cela possédait six pattes et une grosse tête comme une boule d’or avec des yeux qui ressemblaient à de vastes disques lumineux. Les deux pattes de devant, prêtes, en alerte, se levaient délicatement devant le corps. Les mâchoires s’ouvrirent et se refermèrent une fois. Elles se mouvaient latéralement.

De la tête partaient deux appendices articulés et fragiles, longs et couverts de rangées frissonnantes de poils dorés. Ces deux prolongements balayèrent la chambre, comme deux gros yeux, puis parurent se concentrer sur moi.

Ils s’incurvèrent dans ma direction comme de fines pinces d’or, et les innombrables poils dorés se raidirent vers moi comme autant d’aiguilles. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 82)

À son cou pendait un petit instrument rond, une machine à traduire, sans doute, semblable à celles que j’avais déjà vues, mais plus compacte. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 82)

  • Lo Sardar. Je suis un Prêtre-Roi, fit l’être. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 82)

Si j’avais eu le temps, s’il n’y avait pas eu des affaires plus urgentes, j’aurais pu la punir moi-même sans pitié, pour lui apprendre ce que signifiait son collier, en me servant d’elle aussi indifféremment et brutalement qu’elle le méritait, selon la méthode de discipline du maître goréen envers son esclave traîtresse. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 83)

Les Prêtres-Rois n’ont que peu ou pas d’odeur personnelle perceptible par l’homme, bien que l’on sache vaguement qu’il existe une  » odeur de nid  » qui leur permet de se reconnaître les uns les autres, et dont les variations assurent l’identification des individus. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 84)

Les Prêtres-Rois ont des yeux composés de multiples facettes, mais ils ne s’en servent guère. Ce sont pour eux des organes comparables à nos oreilles et à notre nez, que nous utilisons comme détecteurs secondaires et auxquels nous ne nous fions que si la vision ne nous transmet pas l’essentiel des renseignements sur notre environnement ou, dans le cas des Prêtres-Rois, si l’odorat ne leur apporte pas tout ce qu’ils doivent savoir. C’est pourquoi les deux antennes articulées et velues, qui jaillissent de leurs têtes globuleuses au-dessus des disques de leurs yeux, sont leurs organes sensoriels principaux. Je crois comprendre que ces antennes sont sensibles non seulement aux odeurs mais, grâce à la modification de certains des poils dorés, peuvent aussi transformer les ondes sonores en quelque chose de significatif pour leur connaissance. On peut donc, en un sens, dire qu’ils sentent et entendent à la fois par l’intermédiaire de ces appendices. Il semble toutefois que l’ouïe n’ait pas grande importance pour eux si l’on tient compte du petit nombre de cils orientables modifiés à cet usage. Chose curieuse, quelques-uns seulement des Prêtres-Rois que j’ai questionnés à ce sujet établissent une nette distinction entre l’ouïe et l’odorat. Ça me semble incroyable, mais je n’ai aucune raison de penser qu’ils m’aient trompé sur ce point. Ils admettent que nous ayons une organisation sensorielle différente, et je soupçonne qu’ils ne sont pas plus instruits de notre expérience que nous ne le sommes de la leur. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 84-85)

Pour les durées prolongées, il existe divers moyens d’enregistrer des messages, sans avoir recours à mécaniques, complexes. Le moyen le plus rapide, et l’un des plus fascinants, est un ruban de tissu traité chimiquement que le Prêtre-Roi, en commençant par un bout imprégné d’une certaine odeur, sature des nuances diverses de son message. Une fois enroulé, le cordon-message conserve indéfiniment les odeurs et, quand un autre Prêtre-Roi a besoin d’en lire le contenu, il le déroule lentement en le sondant petit à petit avec ses antennes articulées.

On m’a dit que les phonèmes de la langue des Prêtres-Rois – ou plutôt leurs équivalents dans ce langage odorant sont au nombre de soixante-treize. Naturellement, il existe un nombre infini de combinaisons possibles, tout comme c’est le cas en anglais ; mais nous n’employons qu’un sous-ensemble d’entre elles pour formuler nos paroles, et les communications des Prêtres-Rois se fondent aussi sur un jeu limité de  » phonèmes « . En anglais, on en compte environ cinquante. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 86)

Malgré sa masse, il se mouvait avec la grâce d’une bête de proie. Il était peut-être très léger pour sa taille, ou très vigoureux, ou peut-être les deux. Il se mouvait d’une démarche relativement lente, comme un fauve sur la piste, et pourtant relativement lente, comme un fauve sur la piste, et pourtant il paraissait délicat, presque méticuleux. On eût dit que la créature craignait de se souiller au contact du sol.

Elle avançait sur quatre pattes extrêmement longues et minces, à quatre articulations qui la soutenaient, tandis que les membres antérieurs, à quatre articulations également, mais plus épais, restaient haut placés, devant le corps, presque à hauteur de la bouche. Chacune de ces pattes se terminait par des sortes de pinces, dont les pointes se touchaient au repos. Je devais apprendre par la suite que la boule où s’attachaient les pinces renfermait un appendice rétractile en forme de lame, d’une matière semblable à la corne, qui pouvait jaillir en avant ; cela se fait automatiquement lorsque l’on retourne le bout de la patte, mouvement qui découvre la lame cornée en même temps que les pinces rentrent dans la partie protégée. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 87)

– Remarquez les ampoules, indiqua le Prêtre-Roi. Elles sont à l’usage de certaines espèces, comme la vôtre. Les Prêtres-Rois n’en ont pas besoin. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 89)

À cet instant, à ma grande horreur, un arthropode qui devait mesurer dans les huit pieds de long sur trois de haut s’approcha sur ses nombreuses pattes articulées, ses yeux balançant au bout de pédoncules.

– C’est sans danger, m’assura les Prêtre-Roi. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 89)

Par la suite, je sus que son odeur indiquait son rang, sa caste et sa position aussi clairement que les galons ou pattes d’épaules des officiers des armées terriennes. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 92)

Ils marchaient l’un autour de l’autre, et certains de leurs mouvements étaient rapides comme des coups de fouet. De temps à autre, certainement en signe de colère, le bout de leurs pattes de devant se retournait, et c’est ainsi que je vis pour la première fois les lames de corne qui s’y dissimulaient. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 93)

C’est par de tels signes que j’apprendrais à interpréter les émotions et états d’âme des Prêtres-Rois ; quantité de leurs gestes seraient beaucoup moins clairs que ceux qu’ils faisaient en ce moment sous l’empire de la colère. Ils manifestent souvent leur impatience, par exemple, par un frémissement des cils vibratiles de leurs pattes de devant `la distraction de l’esprit peut se trahir par le mouvement inconscient des corchets-peignes à l’arrière des troisièmes articulations de leurs  » bras « , ce qui suggère que la créature va se lisser le poil, occupation à laquelle les Prêtres-Rois consacrent, à mon avis, beaucoup trop de temps. En toute équité, je dois cependant ajouter qu’ils considèrent les humains comme des animaux particulièrement sales et que c’est pour des raisons sanitaires qu’ils les confinent dans certaines parties des tunnels soigneusement isolées. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 93)

  • Personne d’autre que les Assistants de sa caste et les Grands Prêtres-Rois ne peut voir la Mère, répondit-il. Le Premier, le Deuxième, le Troisième, le Quatrième et le Cinquième Nés.
  • Sauf aux trois grandes fêtes, ajouta Misk.

Sarm agita vivement ses antennes, de colère.

  • Quelles sont ces trois grandes fêtes ? demandai-je.
  • Ce sont l’Anniversaire du Vol Nuptial, dit Misk, la Fête du Dépôt du Premier Œuf et la Célébration de L’Éclosion du Premier Œuf. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 94)
  • Pourquoi les esclaves sont-ils vêtus de violet ? demandai-je à Misk. C’est la couleur des robes des Ubars.

Parce que, précisément, c’est un grand honneur que d’être esclave des Prêtres-Rois. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 99)

  • Pour le moment, la Mère désire qu’il lui soit permis de vivre comme un Matok.
  • Qu’est-ce que c’est ? demandai-je.
  • Vous parlez beaucoup, pour un membre des espèces inférieures, me réprimanda Sarm.
  • Qu’est-ce qu’un Matok ? insistai-je.
  • Une créature qui vit dans le Nid mais n’en fait pas partie, expliqua Misk. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 100)
  • Vous pouvez parler, dit Sarm.
  • Je suis Mul-Al-Ka, dit l’un esclave honoré des glorieux Prêtres-Rois.
  • Je suis Mul-Ba-Ta, dit l’autre, esclave honoré des glorieux Prêtres-Rois.

Dans le Nid, m’expliqua Misk, on emploie le terme  » Mul  » pour désigner un esclave humain. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 101)

Je hochai la tête. Le reste, inutile de me l’expliquer. Les termes  » Al-Ka  » et  » Ba-Ta « , sont les deux premières lettres de l’alphabet goréen. En réalité, ces hommes n’avaient pas de nom, ils étaient simplement les esclaves A et B. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 102)

– Je présume que vous avez plus de vingt-huit esclaves humains ? relevai-je. (Il y a vingt-huit lettres dans l’alphabet goréen. j’avais voulu mettre de la méchanceté dans cette observation, mais Sarn ne s’en offensa pas.) (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 102)

– Oui, reprit-il, l’un d’eux est synthétisé, par synthèse des molécules de protéines, et il a été reconstitué molécule par molécule. C’est un être humain entièrement artificiel. Cela ne présente guère d’intérêt scientifique mais, comme curiosité, c’est sans prix. Le Prêtre-Roi Kusk a mis deux siècles à le fabriquer pendant ses temps libres. Il voulait se changer les idées après la fatigue liée à des recherches biologiques plus sérieuses. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 102)

  • Est-il synthétisé, lui aussi ?

– Non. Il est le produit d’une manipulation génétique, d’une commande artificielle et d’une modification des schémas héréditaires des gamètes. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 102)

  • Ils sont constitués de façon symétrique. De plus ils sont intelligents, forts et en bonne santé.

Sarm paraissait attendre une réaction, mais je ne dis rien.

  • Et ils vivent d’eau et de champignons, et se lavent douze fois pas jour.

J’éclatai de rire.

– Par les Prêtres-Rois ! m’écriai-je, le juron blasphématoire de Gor m’échappant de manière assez maladroite était donné l’endroit et ma situation. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 103)

  • Pourquoi court-elle ? m’enquis-je.
  • Les trajets entre les portes sont mesurés, expliqua le premier esclave. Et si elle s’attarde, elle aura une cicatrice sur son dossier.
  • Oui, et à cinq cicatrices, elle sera détruite, ajouta l’autre.
  • Une cicatrice, c’est une sorte de marque sur vos dossiers ?
  • Oui, dit l’un. C’est porté sur votre cordon d’odeurs, et inscrit aussi sur votre tunique, en odeur.
  • La tunique porte beaucoup de renseignements, reprit le premier, et c’est par ce moyen que les Prêtres-Rois parviennent à nous reconnaître.
  • Oui, autrement, nous nous ressemblerions trop à leurs yeux.

Je pris mentalement note de cette information dans l’espoir qu’elle me serait un jour utile. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 110)

Nous n’avions pas fait un long trajet quand on passa devant un animal de forme étirée, une sorte de ver, sans yeux, avec une petite bouche rouge, qui rampait dans le couloir, dans l’angle formé entre le mur et le sol.

… – Comment s’appelle-t-il ?

  • Oh, c’est un Ver de Vase, dit l’un.
  • Que fait-il ?
  • Il y a longtemps, dans le Nid, il servait d’égout, mais il n’a plus cette fonction depuis bien des milliers d’années.

… – De qui vit-il ?

  • Il mange les restes après les tueries du Scarabée Doré, me dit le premier esclave.
  • Et qu’est-ce que le Scarabée Doré tue ?
  • Les Prêtres-Rois, répondit le second. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 111-112)

Les Muls mangent quatre fois par jour. Pour le premier repas, les champignons sont écrasés et mélangés à de l’eau comme une sorte de soupe ; au deuxième, ils sont hachés en petits cubes ; au troisième, ils sont mélangés à des pilules de Muls, en hachis ; et pour le dernier repas, la farine de champignon est préparée en une galette plate, saupoudrée d’un peu de sel.

Misk m’a dit, et je le crois, qu’il est arrivé à des Muls de s’entre-tuer pour une pincée de sel. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 116)

… Les Prêtres-Rois mangent debout, dorment debout, et ne se couchent jamais, sauf peut-être pour mourir. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 117)

… Si j’avais été un Mul, j’aurais eu droit à une cicatrice de dossier cheque jour où je ne me serais pas lavé entièrement à douze reprises….. Comme je n’étais qu’un Matok, j’insistai sur le fait que je n’étais pas astreint au Devoir des Douze Joies comme on l’appelle. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 118)

– Sarm est le Premier Né, expliqua Misk, alors que je suis le Cinquième. Les cinq premiers nés de la Mère constituent le Conseil Supérieur du Nid. Le Deuxième, le Troisième et le Quatrième Nés ont, un à un, succombé aux Plaisirs du Scarabée Doré. Sur les cinq, il ne reste que Sarm et moi. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 120)

  • Alors, qu’est-ce que c’est ?
  • Un mâle, dit Misk. (Il resta un moment silencieux, en contemplation devant la silhouette interte sur la table de pierre.) C’est le premier mâle né dans le Nid depuis huit mille ans.
  • N’êtes-vous donc pas un mâle ? m’étonnai-je.
  • Non, pas plus que les autres.
  • Alors, vous êtes une femelle ?
  • Non. Dans le Nid, seule la Mère est femelle.
  • De temps à autre, il est venu des œufs femelles, mais Sarm a ordonné de les détruire. Je ne connais moi-même pas d’œuf femelle dans le Nid et, selon ce que j’en sais, un seul est survenu dans les six mille années écoulées.
  • Combien de temps peut vivre un Prêtre-Roi ? fis-je.
  • Il y a bien longtemps que les Prêtres-Rois ont découvert le secret du remplacement des cellules sans qu’il en résulte de détériorations physiologiques, et en conséquence, sauf blessure ou accident, nous vivrons jusqu’à ce que le Scarabée Doré nous trouve.
  • Quel âge avez-vous ?
  • J’ai moi-même connu le jour avant que nous amenions notre monde dans votre système solaire. (Il baissa les yeux sur moi.) Cela fait plus de deux millions d’années. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 124-125)
  • C’est un Prêtre-Roi et il dispose de huit cerveaux, des variantes du réseau des ganglions, alors que les êtres tels que vous, limités par vos vertèbres, ne pouvez vraisemblablement vous constituer qu’un cerveau unique. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 126)
  • Bien sûr. Mais nous leur avons permis de progresser en de nombreux domaines… la médecine, par exemple, où ils ont mis au point une chose qui ressemble assez aux Sérums de Stabilisation.
  • Qu’est-ce que c’est, encore ? m’informai-je.
  • Vous n’avez sûrement pas été sans remarquer que, bien qu’arrivé sur l’Anti-Terre il y a plus de sept ans, vous n’avez subi aucun changement pendant tout ce temps, sur le plan physique ?
  • Je l’ai en effet remarqué, et me suis posé des questions.

Naturellement, leurs sérums ne sont pas aussi efficaces que les nôtres, et sont parfois inopérants ; et d’autres fois, leurs effets disparaissent au bout de quelques centaines d’années seulement. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 131)

  • On raconte, au bas des monts, que les Prêtres-Rois sont informés de tout ce qui se passe sur Go.
  • Ridicule ! fit Misk. Mais peut-être vous montrerai-je un jour la Salle de Surveillance. Nous comptons quatre cents Prêtres-Rois qui manoeuvrent les visionneuses et, en conséquence, nous sommes bien informés. Si, pas exemple, il se produit une violation de nos lois sur les armes, nous l’apprenons tôt ou tard et, après avoir calculé les coordonnées du lieu, nous déclenchons le mécanisme de Mort par le Feu. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 132-133)

… Une partie du trajet s’accomplit sur un disque transporteur, et il me montra comment le faire fonctionner. Le disque glisse sur une couche de gaz volatils et il est en outre allégé, construit en partie d’un métal résistant à la gravité, dont je reparlerai plus tard. On en contrôle la vitesse par deux pédales d’accélération au même niveau que la surface du disque proprement dit ; la direction en est assurée par les inclinaisons et les mouvements du corps de l’utilisateur qui transmet ainsi sa force au disque. Les principes mis en jeu ne sont pas plus compliqués que pour des objets aussi simples que les patins à roulettes ou le skateboard, qui fut en un temps le sport favori des enfants sur la Terre. On arrête l’engin en lâchant les bandes-pédales ; le freinage est doux et progressif. À la partie avant du disque se trouve une cellule qui projette un rayon, et si l’espace disponible est un peu court pour l’arrêt, le freinage est proportionnellement plus brutal. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 142)

  • On appelle parfois ce lieu la Pierre du Foyer de tout Gor, me Sarm alors que nous suivions la longue spirale métallique accrochée au flanc d’un vaste dôme bleu et transparent.

À l’intérieur se trouvait un hémisphère cristallin, luisant, brûlant d’une lumière bleue, de dimensions énormes.

– La comparaison est bien sûr erronée, continua Sarm, car il n’y a pas de vraie Pierre du Foyer dans le Nid des Prêtres-Rois, cette Pierre du Foyer n’étant qu’une invention barbare commune aux villes et aux demeures des humains de Gor. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 151)

J’étais plutôt contrarié de voir l’orgueilleux Sarm dénigrer ainsi les Pierres du Foyer, si respectées dans le villes de Gor qu’un homme risque la mort s’il ne se met pas debout pour parler de celle de sa Cité. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 152)

Ces véritables bijoux sont normalement faits à la mesure du cou de la fille. On les considère non seulement comme signe d’esclavage et moyen d’identification du propriétaire, mais aussi comme un ornement. C’est pourquoi le maître goréen a le souci que le bandeau de métal ne soit ni trop serré ni trop large. En principe, il est si bien ajusté qu’un coup de laisse un peu sec fait beaucoup souffrir la femme qui le porte. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 167)

Et pourtant cela n’avait rien de si étrange, surtout sur Gor, où la bravoure est hautement estimée et où sauver la vie d’une femme équivaut à en devenir le maître, puisque l’homme goréen a le droit de mettre en esclavage la rescapée, droit que ne contestent ni les citoyens de sa ville ni même ses parents. On a relevé des cas où les frères d’une fille l’habillaient en esclave, lui mettaient aux poignets des bracelets d’esclave et la donnaient eux-mêmes à son sauveru, pour que l’honneur de la famille et de la cité ne soit pas entaché. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 170)

Les hommes qui entraient étaient peut-être des humains. Ils avaient le crâne tondu et portaient des tuniques de plastique comme tous les Muls du Nid, mais leurs torses paraissaient plus petits et plus ronds que ceux des êtres humains, et leurs jambes et bras extraordinairement longs pour leur taille. Les mains et les pieds étaient fort larges. Ces derniers n’avaient pas d’orteils, mais ressemblaient à des disques de chair sur lesquels ils avançaient sans bruit. De même, leurs paumes étaient rondes et luisantes à la clarté des torches. Mais le plus insolite étaient peut-être leurs très grands yeux, qui mesuraient plusieurs centimètres de large, ronds, sombres, mais phosphorescents comme ceux des rapaces nocturnes. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 174)

Soudain, je vis un Prêtre-Roi quitter le plafond et descendre à reculons le long du mur. Vidé de Gur, son abdomen était redevenu normal. Il gagna majestueusement la porte, du pas délicat propre à son espèce. Sur le seuil, plusieurs Muls l’encadrèrent, sans cesser de chanter, porteurs de leurs torches et de leurs outres gonflées d’un fluide ressemblant à du miel dilué. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 175)

Je me demandais comment la fière Vika aurait réagi à ce geste effronté. Je souris intérieurement en songeant que je pourrais toujours lui dire, et sans mensonge, que, lui ayant sauvé la vie, elle était mienne selon la loi goréenne, malgré sa récente liberté, et qu’il m’appartenait désormais de décider de l’ampleur et de la nature de ses vêtements, et même de la faire aller nue s’il m’en chantait. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 193)

… Quand l’une des femelles bougea, je vis deux petits tabuks, marchant délicatement, les premiers que j’eusse jamais vus, car les petits tabuks quittent rarement les bosquets touffus de leur naissance dans les forêts de Ka-la-na. Leurs cornes n’étaient que des bosses veloutées sur leur front, et j’observai que leur robe, différente de celle des adultes, était tachetée de jaune et de brun. Quand un des Muls de service passa devant la case, les deux petits se figèrent immédiatement, devenus presque invisibles, tandis que la mère, dans son pelage d’or luisant, se mit à trotter en s’éloignant d’eux, alors que le mâle, furieux, pointait sa corne vers le Mul et accourait, menaçant, jusqu’à la barrière de plastique. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 198)

Il y avait encore d’autres créatures dont je n’aurais su indiquer la catégorie. Je reconnus cependant une rangée de varts bruns accrochés la tête en bas comme de gros poings hérissés de dents, de poils et de cuir, à l’épaisse branche dénudée placée en travers de leur cage. Au fond de la case, il y avait des ossements… peut-être humains. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 198)

Un énorme oiseau, apparemment dépourvu d’ailes, allait et venait dans une autre case. À son bec, je l’estimai carnivore. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 198)

Dans un autre compartiment, je reconnus une rareté, un hith goréen doré, sorte de python dont les bras d’un homme ne sauraient faire le tour, même quand il est à jeun. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 199)

Je ne vis pas un seul tarn, un de ces grands oiseaux prédateurs de Gor, peut-être parce que le tarn ne supporte pas la captivité. Il lui faut voler, haut, loin et souvent. Sur Gor, on le dit frère du vent, alors comment une telle créature pourrait-elle vivre enfermée ? Comme son frère le vent, le tarn, quand il n’est pas libre, n’a qu’une solution : mourir. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 199)

  • Est-ce donc la coutume des fières femmes de Treve de se montrer si peu vêtues aux yeux des hommes ? lui demandai-je.

Elle baissa les yeux sur ses haillons, insuffisants même pour une esclave, et sur ses poignets liés. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 199)

Terrifiée, elle s’agenouilla, selon l’expression courante, sous le fouet, prenant la position de l’esclave qui attend la punition, les poignets joints sous elle comme s’ils étaient liés, la tête touchant le sol, tout le dos offert. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 208)

  • Toute femme désire au fond du cœur porter les chaînes d’un homme, ajouta-t-elle.

J’en doutais.

  • Bien sûr, reprit-elle, nous aimerions choisir notre homme.

Cela me parut plus probable.

  • Et c’est toi que je choisirais, Cabot.
  • Les femmes désirent avant tout être libres, répondis-je.
  • Oui, nous souhaitons aussi la liberté. (Elle sourit : ) Il y a en toute femme une part de Libre Compagne et une part d’Esclave. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 210)

Pour un homme, mes cheveux roux et hérissés auraient constitué un trait des plus reconnaissables mais, comme je l’ai déjà dit, les Prêtres-Rois ont la vue faible et sont, de plus, daltoniens. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 215)

Je l’ignorais à l’époque, mais le Gur est un produit sécrété à l’origine par de grands arthropodes gris et domestiques, que l’on mène le matin paître des plantes Sim spéciales, larges, avec des vrilles et d’énormes feuilles enroulées, qui se développent sous les lampes à énergie fixées aux plafonds des vastes Chambres de Pâture. La nuit, on les ramène dans les étables, où les Muls procèdent à la traite. Le Gur particulier de la Fête de Tola est conservé à la mode ancienne durant des semaines dans les estomacs de Prêtres-Rois spécialement choisis, où il mûrit et prend la saveur et la consistance souhaitées. C’est ce que les Prêtres-Rois appellent  » conserver Gur « . (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 218)

Les Prêtres-Rois se mirent à tourner l’un autour de l’autre selon un rite peut-être plus ancien encore que la Fête de Tola, peut-être plus vieux que les temps et les objets symbolisés par le collier d’outils métalliques qui tintinnabulaient au cou de Sarm. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 220)

C’étaient des armes cylindriques, manuelles, mais causant des dégâts similaires à ceux de la Mort par le Feu. Elles étaient restées inutilisées dans leurs étuis de plastique depuis des siècles, et pourtant, quand les étuis furent ouverts et les armes saisies par les Prêtres-Rois en colère, elles étaient prêtes pour leur sinistre office tout comme au premier jour.

Je pense qu’avec une seule de ces armes un homme aurait pu devenir l’Ubar de tout Gor. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 231)

Sur Gor, la possession totale de diverses femmes ne m’avait pas embarrassé plus que ça, mais je n’avais jamais beaucoup aimé que l’on appelle  » Maître « .

Il me suffisait de l’être.

Les femmes qui m’avaient appartenu, Sana, Talena, Lara, d’autres dont je n’ai pas parlé, Esclaves de Passion louées à l’heure dans les Tavernes à Paga de Ko-ro-ba et d’Ar, Esclaves de Plaisir que l’on m’offrait en gage d’hospitalité pour une nuit à passer sous le toit d’un ami, toutes avaient bien su que j’étais le maître, et c’était suffisant.

D’autre part, je ne m’étais jamais trop opposé à ce titre parce que je n’étais pas sur Gor depuis longtemps quand il m’était apparu que le terme  » Maître  » peut donner un plaisir indescriptible à une fille quand il lui monte aux lèvres – pour le moment aux lèvres d’une esclave – quand elle sait qu’il exprime la vérité. Qu’il en soit de même ou non pour les filles de la Terre, je l’ignore. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 236)

Elle gardait la pose de l’Esclave de Plaisir, mais elle avait inconsciemment retourné les paumes vers moi, et son corps ne reposait plus sur ses talons. Mais, sous mon regard sévère, elle reprit la position classique, tête basse, le regard fixé sur la semelle de plastique de mes sandales. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 236)

Je pivotai et sortis, suivi à deux pas de Vika, comme sa condition l’exigeait. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 237)

Il n’y avait ni hélices, ni brûleurs, ni turbines, et j’ai du mal à décrire ou à expliquer le mode de propulsion, sinon qu’il utilise les forces de la gravité contre elle-même de telle façon que la quantité – si je peux recourir à un terme aussi inepte – d’Ur gravitationnel, l’appellation goréenne de la gravitation primitive, reste constante, grâce à une redistribution adéquate. Je ne crois pas que force, charge, ou toute autre expression qui vient à l’esprit traduise exactement Ur, aussi est-il préférable de conserver ce mot. Peut-être pourrait-on dire que l’Ur est ce qui justifie les équations gravitationnelles de Misk. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 242)

  • Jusqu’à ce que tu ramènes Talena, tes compagnons seront le péril et l’acier.

C’est un vieux diction de la Caste des Guerriers. (Les Prêtres-Rois de Gor, Édition J’ai Lu, p. 305)






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